Un gouvernement arc-en-ciel se dessine au fédéral, ce qui ne plait pas trop au CD&V

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Pieter De Crem (CD&V) ne voit pas d’un bon œil un gouvernement arc-en-ciel socialistes-libéraux-écologistes), appuyé par le CD&V. Un gouvernement qui placerait la Flandre en minorité. Et il n’est pas le seul à le penser au sein de son parti.

Pieter De Crem (CD&V) n’y est pas allé par quatre chemins sur le plateau de VTM ce dimanche. Un gouvernement arc-en-ciel serait “intenable, inefficace et indésirable pour nous”. L’ancien ministre de la Défense ne prend toutefois pas trop de risques, lui qui a annoncé son retrait de la politique nationale. Reste qu’il n’est pas isolé au sein de son parti. Le CD&V est en sérieuse perte de vitesse au nord du pays. À l’instar du cdH, une cure d’opposition à ce niveau de pouvoir est envisagée.

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Vers un arc-en-ciel en Wallonie et quasi à Bruxelles

Pieter De Crem voit toutefois assez juste: on prend le chemin d’un arc-en-ciel au fédéral. Les signes sont là, un gouvernement arc-en-ciel se dessine en Wallonie où le PS et Ecolo ont finalement invité le MR à discuter.

À Bruxelles, si les libéraux francophones en sont exclus, le gouvernement prend aussi le chemin d’une coalition arc-en-ciel où DéFI viendrait remplacer le MR. Les acteurs sont les mêmes: socialistes, écologistes et libéraux flamands.

Or la coalition arc-en-ciel obtiendrait tout juste la majorité avec 76 sur 150 au fédéral. Pour être plus confortable, DéFI pourrait là aussi jouer les ajusteurs en y intégrant deux députés. Mais pour que cette coalition pèse un peu plus en Flandre, les autres partis tentent de convaincre le CD&V d’entrer dans la danse. Personne ne veut vraiment d’un scénario où les Flamands seraient perçus comme en extrême minorité. C’est pourquoi les francophones aimeraient intégrer un maximum de partis du nord du pays.

epa/ Elio Di Rupo tente par tous les moyens d’éviter la N-VA

Mais cela reste compliqué à mettre en place, car aucun parti flamand n’est mathématiquement indispensable dans cette coalition. Et CD&V et Open VLD sentent le souffle de la N-VA dans leur cou. Les nationalistes le répètent à chaque fois qu’ils en ont l’occasion: ils ne veulent pas d’un gouvernement fédéral avec une Flandre en minorité. C’est aussi l’avis de Pieter De Crem qui craint qu’Elio Di Rupo veuille “réviser sa propre loi de financement” et donc de la solidarité entre Régions. “La vigilance est requise en Flandre. Ce n’est pas possible sans une majorité flamande au gouvernement fédéral”, a-t-il ajouté.

La coalition bourguignonne

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Si Pieter De Crem ne veut pas d’une Flandre en minorité, c’est qu’il veut y intégrer mécaniquement la N-VA. Il reprend ainsi la ligne de son président de parti, Wouter Beke (CD&V), qui insiste depuis le premier jour pour que le PS discute avec la N-VA.

Mais un scénario où le PS et la N-VA se réuniraient au sein d’un gouvernement fédéral avec les libéraux (coalition bourguignonne) exclurait de facto le CD&V. Les chrétiens-démocrates flamands sont donc assis entre deux chaises. Ce qui laisse tous les scénarios ouverts.

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