Bruxelles: un gouvernement attendu mardi et une mesure qui fait déjà polémique

Facebook Rudi Vervoort

Dès le lendemain des élections, on savait que le gouvernement bruxellois serait le premier à être mis sur pied. Ce sera sans doute le cas ce mardi matin: un accord est en vue malgré quelques points de désaccord. Reste à définir les répartitions des compétences et les postes clés.

Depuis la semaine dernière, socialistes, écologistes, DéFI et Open VLD finalisent l’accord de gouvernement, sans trop se préoccuper de ce qui se passe aux autres niveaux de pouvoir. Sans doute une volonté de montrer l’indépendance de Bruxelles par rapport aux deux autres grandes Régions, mais qui traduit aussi une réalité mathématique: une majorité a rapidement pu être trouvée.

Ce qui bloque encore

Si tout se passe bien, un accord devrait tomber mardi matin, rapporte Le Soir. Les différents partenaires ont encore quelques points à régler, notamment au niveau des écoles bilingues et multilingues, dont la réalisation concrète suscite encore des interrogations, tout comme certaines questions d’ordre fiscales.

Il reste également quelques interrogations sur le casting de ce prochain gouvernement et la répartition de certaines compétences. On sait déjà que Rudi Vervoort (PS) devrait reprendre son rôle de ministre-président. La grande inconnue se situe au niveau de Zakia Khattabi (Ecolo): deviendra-t-elle ministre ou restera-t-elle à la coprésidence d’Ecolo?

Le PS/sp.a souhaite en tout cas gérer le logement et l’aménagement du territoire, Ecolo/Groen veut reprendre la Mobilité, les Travaux publics ainsi que le Climat et l’Energie. L’emploi et l’Economie serait aux mains de DéFI et sans doute de Bernard Clairfayt, tandis que l’Open VLD gérerait le Budget et les Finances.

30 km/h à Bruxelles?

Les grandes lignes de l’accord de gouvernement ont déjà été négociées ce vendredi. Parmi les ambitions phares, la volonté de la Région d’arriver à un bilan carbone nul d’ici 2050. Pour cela, la Région mise sur une zone 30 étendue sur tout son territoire à l’exception de grands axes de circulation (petite et grande ceintures). Le tout doit être mis en place pour le premier janvier 2021.

Les libéraux, exclus des négociations, ont vivement réagi. Notamment le ministre de la Mobilité sortant, François Bellot (MR), pour qui cette limitation de vitesse est une fausse bonne idée: “30km/h : consommation plus élevée et donc pollution plus élevée!!” Et Georges-Louis Bouchez (MR) de surenchérir: “Le 30 généralisé est plus dangereux qu’autre chose… allez, c’est stupide”, a-t-il tweeté, réagissant à un mini-débat sur le bien-fondé d’une telle mesure.

Vias, l’ancien institut belge de la sécurité routière, a pourtant récemment publié une étude qui montre que la zone 30 apporte “plus de sécurité et de convivialité”. Il y aurait deux fois moins de morts dans un accident à 30km/h plutôt qu’à 50km/h. On ne peut pas taxer Vias de manque d’indépendance, mais cette zone 30 devra s’accompagner d’un aménagement des voiries, sans quoi la zone 30 ne sera de toute façon pas respectée. Et l’idée n’est pas neuve puisqu’elle elle fait partie du plan Good Moove piloté par Pascal Smet (sp.a) du précédent gouvernement.

Comme toujours, les débats risquent d’être animés dans la capitale. Et les libéraux francophones ne feront pas de cadeau pour les 5 prochaines années.

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