Et si sauver les pandas condamnait d’autres espèces? C’est en tout cas ce que révèle une nouvelle étude

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Tous les efforts pour sauver les pandas géants dans les réserves naturelles chinoises ont eu un effet inattendu: la quasi disparition d’autres espèces comme le léopard, la panthère des neiges, le loup et le chien sauvage d’Asie. C’est ce que révèle une étude toute récente.

La protection et la préservation du panda géant est à première vue une franche réussite. Ça a tellement bien marché que l’espèce n’est plus considérée comme “en danger” mais comme “vulnérable” et sort ainsi de la zone rouge.

Super, non ? Eh bien pas tout à fait. En fait, la préservation des panda fait l’objet de nombreux débats et discussions au sein de la communauté scientifique. Pour beaucoup, les sommes d’argent débloquées pour leur préservation sont bien trop élevées pour une espèce qui n’est pas essentielle à notre biodiversité. Et surtout, d’autres espèces plus importantes sont délaissées au profit de ces animaux ultra populaires.

Grands carnivores

Les grands protecteurs du panda se justifient en expliquant que ce qui est bon pour les pandas l’est aussi pour d’autres espèces animales. Mais une étude publiée dans la revue Nature Ecology and Evolution montre que c’est exactement le contraire. Les chercheurs ont découvert que le léopard, la panthère des neiges, le loup et le chien sauvage d’Asie ont presque disparu de la majorité des zones où des mesures ont été mises en place pour sauver les pandas.

Pour cette étude, les scientifiques ont comparé des données datant des années 50 à 70 avec des images datées entre 2008 et 2018. Ils ont constaté que les léopards avaient disparu de 81 % des réserves de panda géants, les léopards des neiges de 38 %, les loups de 77 % et les chiens sauvages de 95 %. Le gros problème est que ces prédateurs ont besoin d’un territoire bien plus grand que les pandas géants. Ils errent sur des zones de plus de 100 kilomètres carrés, tandis que les pandas vivent sur une surface de 13 kilomètres carrés. Les réserves de panda sont donc bien trop petites pour abriter des populations viables de grands carnivores.

Ne pas se limiter aux “animaux charismatiques”

Sheng Li, de l’Ecole des sciences de la vie de l’Université de Pékin et auteur principal de l’étude, demande donc qu’on ne se limite pas à protéger uniquement les “animaux charismatiques” comme les pandas. Il propose également une solution pour sauver toutes ces nouvelles espèces en danger: relier plusieurs réserves naturelles existantes entre elles pour permettre à des animaux isolés de se rencontrer et donc de se reproduire. C’est un enjeu capital pour la préservation de notre biodiversité et la durabilité de notre écosystème.

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