Pire que Notre-Dame: la forêt amazonienne brûle à un rythme impressionnant

©EPA

Les internautes se mobilisent pour donner plus de visibilité aux incendies dans la forêt amazonienne, qui ont augmenté de 83% sur la même période en un an d’après l’INPE.

L’agence nationale de recherche spatiale (INPE) sonne l’alarme: d’après leurs données satellites, sur la même période que nous vivons, les feux de forêt en Amazonie ont augmenté de 83%. Une hausse inquiétante, alors que Bolsonaro, dans ses actions, a à de multiples reprises témoigné de son désintérêt pour la déforestation.

Limogeage du directeur de l’INPE, affirmation que “l’écologie n’intéresse que les vegans” et différentes initiatives pour atténuer les amendes envers les entreprises qui déforesteraient à outrance, la présidence de Bolsonaro n’augurait rien de bon pour la survie de la forêt amazonienne, sa faune et ses habitants.

Sao Paulo plongée dans le noir

Aujourd’hui, la conséquence est devant nos yeux avec l’impressionnante augmentation des feux de forêts, capables de plonger des villes entières dans la nuit noire, comme l’a vécu Sao Paulo le Lundi 19 août dernier.

En pleine journée, une importante couche de fumée résultant des feux de forêt avait en effet empêché la ville de voir, à à peine 15h. Une situation qui a duré une heure entière.

Ce qui est interpellant dans toute cette histoire de feux de forêt, c’est le fait qu’ils sont habituellement, du fait de l’humidité de l’Amazonie, extrêmement rares. Ce n’est pas pour rien qu’en Anglais, on l’appelle rainforest. Pas fire forest.

72.000 feux entre janvier et août

D’après la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Association), la forêt vierge est en effet très résistante au feu (et tant mieux pour nous, car elle produit 20% de l’oxygène terrestre). Ces feux sauvages sont le fait de l’activité humaine et les sécheresses, toujours d’après la NOAA. La combinaison des deux a créé ce phénomène très inquiétant vis à vis de la forêt amazonienne.

L’INPE a détecté plus de 72.000 feux entre janvier et août, ce qui constitue le plus haut record depuis qu’on recense les feux de forêt en 2013. 9.500 d’entre eux ont eu lieu depuis jeudi dernier, majoritairement dans la région amazonienne. À titre de comparaison, pour toute l’année 2018, il y en avait eu un peu moins de 40.000

La forêt Amazonienne, la plus grande forêt tropicale, est en feu depuis trois semaines. C’est une aire qui ne brûle quasi jamais par elle-même, pourtant la fumée a tellement grandi est est si intense qu’elle a éteint le ciel au-dessus.

#PrayForAmazonia

Sur Twitter, c’est l’effarement devant une nouvelle qui semble arriver trop tard que pour agir. Certains accusent les entreprises de commencer délibérément des feux de forêt afin de récupérer des terrains vierges pour pouvoir les cultiver.

Via le #PrayForAmazonia, les internautes se mobilisent pour faire en sorte que le monde connaisse la situation en forêt amazonienne, tout en se plaignant du manque de couverture médiatique, notamment en comparaison des feux qui avaient touché Notre Dame, un “simple vieux bâtiment”.

La #ForêtAmazonienne, les poumons de la terre, brûle depuis 3 semaines et il n’y a qu’une petite couverture médiatique. Pour #NotreDame, un simple vieux bâtiment, la pointe brûle et ils ont droit à une couverture médiatique majeure et des centaines de millions de donations. Le monde est foutu.

Interrogé par l’AFP, Ricardo Salles, ministre de l’Environnement, a déclaré que “le gouvernement a mobilisé tous les effectifs des secouristes et tous les avions (…) qui sont désormais à pied d’oeuvre avec les gouvernements régionaux”. Le président Jair Bolsonaro a lui affirmé qu’il ne croyait pas les chiffres fournis par l’INPE il y a quelques semaines sur la hausse de la déforestation en Amazonie.

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