Pourquoi tu as le droit d’être excité pour El Camino

Netflix/YouTube screenshot

Un film tiré de l’univers de Breaking Bad? Wah cool! Un film qui se déroule juste après la série? Intéressant! Mais est-ce que ça vaut vraiment la peine? Ces derniers jours, Netflix multiplie les trailers et vu ce qu’on y voit, oui, on a le droit d’être tout excité.

Breaking Bad est considérée comme l’une des meilleures séries de l’histoire. Et objectivement avec du recul et plusieurs visionnages on peut difficilement dire le contraire. Même Better Call Saul, la série spin-off centrée sur Saul Goodman, est une véritable réussite. Alors, quand Netflix a annoncé la sortie d’un film, c’était la fête dans les chaumières.

Mais un film, ce n’est pas une série. On pouvait donc émettre des réserves sur le projet. Puis, on a appris que ce film prendrait place juste après les évènements de la série, quand Jesse se fait libérer par Walter White dans un dernier élan d’amour et de bravoure. C’est là, que c’est devenu vraiment intéressant. Mais on connait un peu Netflix et son habitude de toujours en faire trop, quitte à risque d’enlever la magie d’un programme pour l’amour de l’argent et du buzz. Mais à la vue des derniers trailers, on peut le dire sans risque: on a VRAIMENT le droit d’être excité pour El Camino et voici quelques raisons.

Vince Gilligan, tout simplement

A-t-on vraiment besoin de développer? Non mais on va le faire quand même parce qu’on n’est pas des escrocs. C’est donc une nouvelle fois Vince Gilligan, le papa de Breaking Bad et Better Call Saul, qui s’occupera d’El Camino. Et en fait, on aurait pu le remarquer rien qu’au visionnage du dernier trailer en date (voir ci-dessous).

On retrouve tout ce qui caractérise le réalisateur: des plans longs (et souvent fixes) sur des objets du quotidien ou sur des paysages, des musiques en décalage avec l’action et visiblement des thèmes similaires à ceux abordés dans les deux premières séries de Vince Gilligan. Better Call Saul et Breaking Bad sont deux programmes jouissifs à regarder, rien que pour leur réalisation et leur esthétique et il n’y aucune raison que El Camino ne remplisse pas ses critères.

Vengeance et décalage

Better Call Saul et Breaking Bad, outre leurs personnages, leur environnement et leur esthétique, ont pas mal de points communs au niveau des thèmes abordés. Dans les deux shows, on suit un héros qui est en décalage complet avec son environnement.

Walter White est un père de famille (trop) gentil et vieux jeu qui se retrouve dans le milieu de la drogue et finit par en devenir un baron membre d’un des cartels les plus influents des USA, voire du monde. D’étranger à ce milieu, il devient étranger à sa famille. James McGill, lui, est un raté voué à une vie morne dont le frère est un avocat brillant et influent. A force de persévérance et de ruse, il va finir par s’immiscer dans la vie et l’univers de son frère, un monde dont il est totalement étranger.

Aussi, les deux séries sont marquées par le désir de vengeance. Walter se venge à de nombreuses reprises durant Breaking Bad, l’épisode final est d’ailleurs uniquement basé la dessus. On peut aussi aller plus loin en se disant que son empire de la drogue repose sur son désir de se venger de la vie qui lui a donné un cancer alors qu’il avait vécu une vie exemplaire. Même combat pour James McGill, qui, après des années passées dans l’ombre de son frère, finit par briller plus que lui, faisant ainsi taire tout ceux qui ne croyaient pas en lui. Et des exemples de vengeance, il y en a à la pelle, à tel point qu’il est impossible de tous les citer.

Pourquoi on te bassine avec toutes ces analyses de comptoir? C’est simple: El Camino risque bien de traiter ces mêmes thèmes. Dans le dernier trailer, on comprend que Jesse compte se venger des personnes qui lui ont fait du mal, lui qui n’a plus rien à perdre puisqu’il a déjà tout perdu.

Ce sentiment de décalage par rapport à son environnement, on va aussi le retrouver. Lui qui pensait ne plus jamais revoir la lumière du jour et qui, grâce au sacrifice de Walter se transforme en miraculé. En cavale, un homme est toujours en décalage avec son environnement puisque selon la loi, il n’est pas censé être là. On retrouvera donc des thèmes que Vince Gilligan a l’habitude de traiter et on ne voit pas pourquoi il se planterait dans El Camino.

Fan service?

Il y a tout de même des raisons de s’inquiéter. On pourrait imaginer que El Camino ne soit qu’une oeuvre de fan service, vouée à faire resurgir de bons souvenirs dans l’esprit des fans de Breaking Bad. Or, les oeuvres qui reposent uniquement sur ce concept ont rarement du contenu intéressant à proposer. Un exemple tout simple: la nouvelle trilogie de Star Wars dont l’épisode 7 est un copié collé de l’épisode 4, avec le seul objectif de faire plaisir aux fans.

Mais ici, on peut se rassurer grâce à Better Call Saul. Ce spin-off est très pauvre en fan service malgré le succès planétaire de Breaking Bad. On retrouve certes des personnages qui étaient dans la série originelle mais ils ont un véritable rôle à jouer dans Better Call Saul. Ils ne sont pas là juste pour dire aux fans: “Hey salut, tu te souviens de moi? C’était cool Breaking Bad, hein!”. D’ailleurs, après 4 saisons, on a toujours pas revu Jesse et Walter alors que leur seule présence aurait permis de doubler les scores d’audience.

Non, Vince Gilligan nous propose une vraie histoire cohérente, indépendante de Breaking Bad, avec ses propres enjeux et péripéties. Seul l’aspect visuel et certains personnages font référence à la série de base. Alors oui, il faut certainement s’attendre à des clins d’oeil (voir tweet ci-contre) dans El Camino mais cela devrait s’arrêter là. Malgré tout, ce film s’adressera aux personnes ayant déjà vu Breaking Bad, ce qui parait logique.

Un film n’est pas une série

Enfin, on émet tout de même des réserves quant au rythme du film. En effet, les deux séries de Vince Gilligan ont un gros point commun: ce sont des séries au rythme plutôt lent. Oui, il se passe beaucoup de choses dans un épisode mais tout se fait en douceur. Que ce soit les dialogues, les scènes ou les plans, tout est long et Vince Gilligan prend son temps pour installer les enjeux de son oeuvre. On ne compte plus les fois où on observe pendant de longues minutes un personnage réaliser une action complètement banale comme Walter qui se prépare un sandwich. Ce rythme correspond bien à une série car Gilligan a du temps pour construire son intrigue, ses personnages et son histoire.

Mais dans un film, le temps est compté. On ne connait pas encore sa longueur, mais il faudra sans doute changer de rythme pour que tout rentre dedans. On risque donc d’être un peu décontenancé mais l’avantage est que l’on connait déjà bien les personnages. Les principaux du moins. On a donc hâte de voir comment Gilligan va s’en sortir. Vu son parcours sans fautes jusqu’ici, on ne se fait pas trop de soucis. Pour découvrir si on a raison ou si on s’est plantés en beauté, il faudra être au rendez-vous le 11 octobre prochain sur Netflix.

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