Nouvelle conséquence du réchauffement climatique: une bactérie rongeuse de chair se multiplie dans les océans

Un nouveau risque vient s’ajouter à la longue liste des conséquences du réchauffement de la planète : la prolifération de Vibrio vulnificus, qui adore les eaux un rien plus chaudes des océans.

L’essentiel : Un scénario qui semble tout droit tiré d’un film d’horreur de série B : une bactérie mangeuse de chair qui prolifère dans les océans.

  • Selon un rapport publié dans la revue scientifique Nature, cette bactérie nommée Vibrio vulnificus est naturellement présente dans les eaux côtières chaudes et peu profondes.
  • Dans l’est des États-Unis, entre 1988 et 2018, les infections de plaies par cette bactérie ont été multipliées par 8 (de 10 à 80 cas par an).
  • La limite géographique des cas recensés s’est déplacée vers le nord de 48 km par an.
    • Ce déplacement a été officiellement attribué au changement climatique, particulièrement au réchauffement des océans.
    • En effet, cette bactérie réagit aux variations de température, même minimes, dans son environnement marin.

« Cette bactérie est considérée comme une sorte de baromètre de ce qui se passe dans les zones côtières, car elle est très sensible à l’environnement. »

Iain Lake, co-auteur de l’étude
  • D’ici à 2041-2060, les infections pourraient étendre leur aire de répartition actuelle pour englober les principaux centres de population autour de New York.
    • À titre de comparaison européenne, New York se trouve à la même latitude que Madrid.
  • Associé à une population croissante et de plus en plus âgée, le nombre de cas annuels pourrait doubler dans les 20 prochaines années.
  • D’ici à 2081-2100, les infections pourraient être présentes dans tous les États de l’est des États-Unis, dans le cas d’un scénario d’émissions de gaz à effet de serre et d’un réchauffement futurs moyens à élevés.

Le pathogène marin le plus coûteux

Un vrai danger : Si les infections de plaies à Vibrio vulnificus sont peu fréquentes, les taux de mortalité sont élevés, aux alentours des 18%.

  • Selon le chercheur Iain Lake, un cas sur cinq est mortel et de nombreux patients doivent être amputés pour survivre.
  • Les décès surviennent en général 48h après le début de l’infection.
  • Les infections atteignent généralement leur pic pendant les mois d’été.
  • Les personnes peuvent être infectées par des coupures ou d’autres lésions cutanées qui entrent en contact avec l’eau de mer.
  • Et même lorsque l’infection est prise en charge rapidement, les traitements restent coûteux : plus de 28 millions de dollars par an.
    • À raison d’une centaine de cas annuels actuellement, les coûts annuels globaux associés à cette bactérie sont estimés à 320 millions de dollars, ce qui en fait le pathogène marin le plus coûteux à traiter aux États-Unis.
  • Les scientifiques appellent à la sensibilisation au sujet de Vibrio Vulnificus :

« Il existe des interactions complexes entre l’environnement et les agents pathogènes, et il est important d’être conscient de la façon dont le monde change et de la manière dont ces changements entraînent des risques pour la santé humaine. »

Elizabeth Archer, l’auteure principal de l’étude
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