Malgré une nuit blanche, l’Europe ne parvient pas à résoudre le grand puzzle des postes-clés

epa

Le “pacte d’Osaka” n’aura pas survécu bien longtemps. Les conservateurs du PPE, plus grande famille européenne, ont fait capoter l’accord qui doit nommer le président de la Commission européenne, le président du Conseil européen ainsi que du président du Parlement.

Qui pour succéder à Jean-Claude Juncker et Donald Tusk? À Osaka, en marge du sommet du G20, un accord semblait être tombé: il devait nommer le Néerlandais Frans Timmermans (social-démocrate) à la tête de la Commission européenne. L’Allemand Manfred Weber du PPE (conservateurs) devait lui prendre la tête du Conseil et du Parlement. Tout aurait dû être acté ce dimanche soir. Mais malgré une nuit blanche, le projet a capoté.

Cette répartition des postes est en fait un énorme compromis entre les différentes forces politiques en présence. Au-delà des postes de présidents de la Commission, du Conseil et du Parlement, il faut aussi élire un(e) haut(e) représentant(e) pour les Affaires étrangères en plus de la présidence de la Banque centrale européenne. Un gigantesque puzzle qui ne profiterait pas à Charles Michel, un temps pressenti à la tête du Conseil européen ou de la Commission.

Compromis

Le blocage est complet: plusieurs Premiers ministres comme celui de la Hongrie, de l’Irlande, de la Croatie ou encore de la Bulgarie, membres du PPE, réclameraient la présidence de la Commission. Le socialiste Timmermans ne fait pas l’unanimité. Ils désavouent ainsi la patronne habituelle: Angela Merkel qui s’était entendu avec le président Macron et Mark Rutte, Premier ministre néerlandais.

Les libéraux désiraient eux aussi un poste important, mais il est rendu impossible par la double-casquette de Weber: Président du Conseil et Président du Parlement européen. Il faut ajouter comme ingrédient la nomination d’au moins une femme et un membre des pays de l’Est. Bref, rien de simple pour contenter tout le monde.

Mais plutôt que de convoquer un nouveau sommet européen, Donald Tusk siffle les prolongations. En ce moment même, nos dirigeants européens tentent de se mettre d’accord. Le tout est de trouver la bonne combinaison. La fumée blanche est encore possible.

Le nom de Charles Michel finalement cité

Les négociations sont en cours, mais très peu d’informations fuitent. Alex Barker, journaliste au Financial Times, envoyait notre actuel Premier ministre en affaires courantes au poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères. Timmermans prendrait lui la route de la Commission, Georgieva, cheffe de la Banque mondiale, au Conseil, et Weber au Parlement.

Un scénario proposé, mais qui n’a pas encore été voté.

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