Genre Humaine d’Eléonore Costes, une websérie touchante et drôle qui conte l’anxiété du quotidien

Sur Youtube, l’art de la websérie s’est illustré à de multiples reprises. La denière pépite qu’on te recommande, c’est Genre Humaine, qui conte le quotidien angoissé d’Eléonore Costes, avec en vedette des dialogues justes et une réalisation douce d’Amaury Dequé. 

Les webséries aussi méritent un peu d’amour dans ce monde. Loin des superproductions de Netflix, des petites perles se cachent dans tes recommandations YouTube. Parmi elles, Genre Humaine d’Eléonore Costes, qui nourrit son introspection par le biais de saynètes, discussions entre elle et ceux qui l’entourent. En à peine 6 épisodes, la comédienne et autrice que tu as déjà pu croiser sur Golden Moustache, dans LeVisiteur du Futur et un peu partout sur Youtube offre l’occasion de découvrir ces angoisses du quotidien qui peuvent prendre des proportions graves quand elles ne sont pas abordées.

Le premier épisode

La torture mentale version plan-séquence

Le principe de Genre Humaine est simple: chaque épisode présente une discussion dans une situations banale, entre le personnage d’Eléonore et ses ami.e.s ou son copain. Une forme de journal intime, dont la force repose sur la réalisation et les dialogues. 

Chaque épisode est un plan-séquence, soit une seule prise, ici en général en plan fixe, nourrie par des dialogues dont le naturel déroute, surtout sur Youtube. Parfois, certaines (web)séries peuvent donner ce sentiment d’amateurisme, avec des dialogues qui sonnent “faux”. Rien de tout ça ici: on a l’impression d’entendre une vraie discussion entre potes. Dans le jeu, les termes employés, le rythme des dialogues, Eléonore Costes brille par sa justesse, en compagnie de Marion Séclin, Julien Pestel, Sophie Marie-Larrouy ou encore Lou Howard.

À la jonction entre Bojack Horseman, Birdman et ton quotidien

On sent les influences de Costes dans ce format court. Le générique à la batterie jazz rappelle la bande originale de Birdman, qui conte lui aussi les angoisses personnelles d’un comédien frustré. Un film tourné en plan-séquence. Reste à savoir s’il s’agit réellement d’un clin d’oeil ou simplement d’une coïncidence bien placée. 

L’autre fiction à laquelle fait penser Genre Humaine, c’est Bojack Horseman, en particulier lorsqu’on visionne le dernier épisode en date qui est sorti le 23 mai. Intitulé Divan, on voit l’actrice dérouler un monologue, laissant à penser qu’elle parle à sa psy de toutes ses angoisses liées à son couple, qui trouvent ses fondements dans son passé familial. 5 minutes 30 qui ne sont pas sans rappeler l’épisode Free Churro de Bojack Horseman, série d’animation sombre de Netflix, où le héros principal réalise un éloge funèbre, monologue de plus de 20 minutes contant ses regrets familiaux avec cynisme et une certaine forme de colère . L’épisode se clôt quand il se rend compte qu’il se trouve au mauvais enterrement. 

Le ton de ce sixième épisode de Genre Humaine rappelle celui du sixième épisode de la saison 5 de Bojack. Ici, le dénouement repose sur Sophie Marie-Larrouy, qui joue la confidente de Costes. Elle conclut cette introspection en déclarant qu’elle n’est pas psy. Quand on voit qu’elle n’écoutait que d’un quart d’oreille toute la diatribe du personnage principal, on s’en doute un peu.

Angoisses de la vie d’adulte

Les mots qu’Eléonore Costes pose sur la peur de l’engagement, les goûts amoureux, les débuts de relation ou même l’envie de faire pipi chez son conjoint sont justes, et même s’ils peuvent paraître extrêmes par moments, criants de vérité. On sort de chaque épisode avec un sourire triste, mais étrangement, un sentiment de feelgood se dégage de cette série. Une sensation sans doute dûe aux autres personnages qui gravitent autour de l’héroïne, qui tentent tant bien que mal de dédramatiser ce qui s’apparenterait presque à des crises de panique, pour le meilleur comme pour le pire.

On peut encore te donner une pelletée d’arguments pour que tu ailles visionner en vitesse Genre Humaine: la réalisation douce d’Amaury Dequé, qui était déjà derrière le sketch Karaoké Club de Léopold le Pérave, le fait qu’en même pas une heure tu auras tout visionné, que c’est gratuit et qu’il y a encore des épisodes qui vont débarquer prochainement. Parfait pour un dimanche soir. Ou n’importe quel autre moment de ta semaine.

Tu peux retrouver tous les épisodes sur la chaîne d’Eléonore Costes. N’hésite pas à t’abonner pour n’en manquer aucun.

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