Après la Ligue du Lol, découvre “Femmes Indignes”, un groupe facebook sexiste de 56.000 hommes

Getty Images

Internet, c’est beau, ça apprend à connaître le monde, découverte après découverte. Mais les personnes mal intentionnées existent, malheureusement, et s’amusent à – encore – faire des groupes Facebook pour humilier des femmes. Youpie.

20minutes.fr révèle dans une longue enquête les tenants et aboutissants du dernier groupe Facebook qui se démarque de par son sexisme: Femmes Indignes. Un principe simple: début 2017, ils étaient 56.000 à appeler les femmes des “LV” (comprenez des “Lave-Verges” ou “Lave-Vaisselle”), et à prendre des photos à l’insu de certaines, dénudées, pendant l’acte ou endormies, pour ensuite les humilier sur le groupe.

Un neurchi qui aurait bien mal tourné (même si on doute qu’il n’y ait jamais eu de bonnes intentions derrière ce groupe). Ils en étaient déjà à leur sixième édition, après avoir été supprimés à cinq reprises par Facebook pour avoir enfreint les règles du réseau social.

Des propos d’une violence rare

Parmi les captures d’écran relayées par 20minutes.fr, on retrouve des propos très violents envers l’entièreté des femmes de ce monde. Outre l’acronyme “LV”, on peut lire, le site d’information français raconte les multiples commentaires et “traits d’humour” des membres de Femmes Indignes:

Sous ces images, certains membres rivalisent de commentaires violents : « les traces de ceinture que ça mérite un cul pareil putain » écrit l’un d’eux. Un autre lance cette « boutade » : « C’est quoi le point commun entre une LV et la loi ? Dans les deux cas, c’est plus simple de les violer que de les respecter ».

Hélène Sergent – 20minutes.fr

Nous sommes début 2017. Le groupe va alors être signalé à plusieurs reprises, puis sera fermé quelques mois plus tard par Facebook. En Novembre, le Collectif Féministe Contre Le Viol dépose plainte contre le groupe pour “atteinte à l’intimité de la vie privée” et “mise en péril de mineurs”. Car oui, parmi les screenshots, on retrouve aussi des conversations par message où un homme demande des photos dénudées à une jeune fille de 12 ans.

56.000 hommes, c’est public ou privé?

La plainte sera pourtant classée sans suite en février 2018. Une autre sera bien vite déposée pour “provocation à la haine ou à la violence en raison du sexe” et “injure publique en raison du sexe”. Mais l’enquête traîne à cause du manque de réponse de Facebook, qui ignore les demandes du Collectif pour connaître l’identité des administrateurs et membres actifs du groupe. Autre soucis: même avec 56.000 hommes, ce groupe est secret. Peut-on alors parler d'”injure publique”?

Sauf que le 25 juin dernier, Cédric O, secrétaire d’état au numérique, a annoncé commencer à collaborer avec Facebook dans les cas, notamment, de cyber violence. L’affaire pourrait enfin avancer, mais difficile de dire que ce groupe va disparaître.

Ils en étaient déjà à leur sixième édition, en témoigne le nom du groupe, et même sous d’autres noms, ce genre de groupes a existé à de multiples reprises. On se rappelle de Babylone 2.0. de notre côté de la frontière, qui se basait sur les memes principes. Difficile de savoir comment freiner cette tendance dangereuse.

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