À contre courant total, les pays du G20 ont triplé leurs subsides pour les usines à charbon

epa06297369 Steam rises from the brown coal-fired power plant Niederaussem operated by RWE in Bergheim, Germany, 29 October 2017. The UN Climate Change Conference COP23 will take place in Bonn from 06 to 17 November 2017, only a few kilometers away from Europe's largest carbon dioxide source, the Rhenish Brown Coal Field. EPA-EFE/SASCHA STEINBACH

Alors que les populations du monde entier s’inquiètent de l’état du climat, on apprend ce mardi que les pays du G20 ont triplé leurs subsides accordés aux usines à charbon lors des dernières années.

Rappelle-toi en 2009. Nous sommes à Pittsburgh et un sommet du G20 a lieu. Sous l’impulsion de Barack Obama, on se met d’accord pour supprimer les subventions allouées aux énergies fossiles pour tout doucement transiter vers des énergies propres et sûres. Une manière, bien sûr, de lutter contre le réchauffement climatique que cette industrie provoque.

Mais 10 ans plus tard, un rapport de l’Overseas Development Institute (ODI) vient remettre en cause l’engagement des plus grandes puissances du monde. Selon ce rapport accablant, les pays du G20 aurait triplé leurs subventions allouées aux usines à charbon lors des dix dernières années.

Des milliards pour financer la pollution

Ainsi, l’institut de recherche avance des chiffres mirobolant: en 10 ans, les pays du G20 auraient investi quelques 63,9 milliards de dollars dans les centrales électriques à charbon, le combustible le plus polluant du monde. Et toujours selon l’ODI, les pays auraient essayé de cacher l’ampleur de toutes ces subsides.

Parmi les pays qui promeuvent le plus le charbon, on retrouve en tête et sans surprise la Chine suivi de l’Inde et du Japon. C’est plutôt surprenant de la part du pays du Soleil Levant quand on sait que Shinzo Abe déclarait en septembre dernier: “Le changement climatique est capital pour toutes les générations à venir, nous devons prendre plus de mesures fortes pour réduire l’utilisation des énergies fossiles.”

Derrière le Japon, on retrouve ensuite l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, l’Indonésie et les États-Unis.

Les objectifs restent les mêmes

Malgré tout, les objectifs restent identiques à savoir réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 afin de préserver ce qu’il reste de l’environnement et ainsi réduire les risques de sécheresse, inondations, vagues de chaleur etc. Mais ce n’est pas gagné car selon le même rapport, les émissions de CO2 liées aux centrales à charbon continuent d’augmenter.

Ipek Gençsü, chercheuse à l’ODI et auteure principal du rapport regrette cette situation: “Cela fait maintenant 10 ans que le G20 s’est engagé à supprimer progressivement les subventions aux combustibles fossiles. Pourtant, certains gouvernements augmentent réellement le montant des subventions accordées aux centrales au charbon. Les gouvernements doivent prendre des mesures urgentes pour s’attaquer à la crise climatique et la suppression des subventions au charbon serait bénéfique pour tous [y compris une réduction de la pollution atmosphérique] et contribuerait à instaurer des conditions équitables en matière d’énergie propre.”

Des chiffres

Tu l’as compris, on est encore très loin de voir le charbon disparaître surtout que certains pays comme la Chine ou le Royaume-Uni finance des centrales à l’étranger. Pour te rendre compte de l’ampleur du délire, l’ODI donne quelques chiffres interpellants. Les chercheurs ont pu compiler les montants des subventions alloués à l’extraction du charbon et la construction et la maintenance de centrales. On est passé de 17 milliards de dollars en 2014 à 47 milliards en 2017.

Et encore, ces chiffres pourraient être revus à la hausse comme le précise Ivetta Gerasimchuk, de l’Institut international du développement durable et co-auteure: “En réalité, l’aide gouvernementale au charbon est bien plus importante que ne le montrent les chiffres de notre rapport, car de nombreux pays du G20 manquent encore de transparence sur les nombreuses façons dont ils subventionnent le charbon.”

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