Vlaams Belang et PTB, grands gagnants de la perte de confiance en la politique

Une perte de confiance en la politique a encouragé la hausse de suffrages du Vlaams Belang et du PTB, comme le pointe une récente note RepResent. Mais pourquoi avons-nous perdu confiance? Et est-ce un phénomène nouveau.

Plus que de savoir comment le Vlaams Belang va gérer son récent succès en politique belge (qui ne date pas d’hier), la question qui anime bien des esprits, c’est « qui a bien pu voter pour le Vlaams Belang? » Et surtout, pourquoi?

Une étude conjointe de l’ULB, la VUB et la KUL a décidé de tenter de répondre à cette question. En 10 années, les trois universités ont remarqué un changement majeur: nous avons, tous, moins confiance en la politique. « En particulier, la confiance dans les partis politiques et dans les hommes et femmes politiques a diminué d’environ un point sur une échelle qui en compte 11 (0‐ 10). », précise la note. « Même la confiance dans les institutions comme le parlement fédéral est à la baisse, avec une chute plus marquée en Wallonie qui peut être liée à la composition de la majorité au niveau fédéral, minoritaire dans le groupe francophone. »

Une perte de confiance remarquée chez le VB

Ce manque de confiance, on le ressent chez les électeurs du PTB, du PVDA… et du Vlaams Belang. On en parle depuis longtemps, de la perte de confiance dans la politique, que ce soit en Belgique ou ailleurs. En janvier 2017, déjà, la Libre titrait « Plus de 60% des Wallons et Bruxellois n’ont pas confiance en leurs gouvernements« . En juin 2012, Het Laatste Nieuws titrait, lui, « Vlaming vertrouwd niet meer » en faisant référence en la confiance envers les partis et les Parlements.

Si autrefois les flamands désabusés de la politique se tournaient vers la NV-A, ils sont aujourd’hui partis vers le VB, comme le pointe une nouvelle fois la note des trois universités. 37,4% des voix de ceux qui n’ont plus confiance en la politique revient au Vlaams Belang, pilonné par le PTB, qui récolte 26,8% des votes déçus de la politique.

Mais pourquoi n’avons-nous pas confiance?

De là à savoir pourquoi on n’a plus confiance dans les partis politiques, la question reste entière. Il existe bien sûr quelques indices.

Déjà, la crise politique de 2010-2011 est pointée à de multiples reprises dans les articles qu’on retrouve sur le sujet. Soudain, un sentiment d’incompétence, qu’il soit justifié ou non, s’est fait ressentir auprès des partis politiques, qui ont pris plus d’un an pour former un gouvernement.

Mais avant toute chose, il est important de savoir ce que signifie la confiance en la politique. Dans un article de la Revue Nationale de Politique Comparée paru en 2003, les chercheurs Richard BalmeJean-Louis Marie et Olivier Rozenberg la définissaient ainsi: « Elle exige à la fois une connaissance relative du champ politique et une évaluation positive de ce dernier »

Problème: qui n’a jamais entendu l’un de ses potes, qui pourrait pourtant citer les derniers scandales de Macron et de Rugy sur le bout des ongles, asséner « oui mais la politique belge, c’est trop compliqué, j’y comprends rien. »

Avoir une connaissance relative du champ politique belge, ça peut parfois être une marche au pas de guerre qu’on hésite à entamer. La complexité du système belge, avec ses six gouvernements, autant de parlements et son système électoral toujours plus difficile à cerner, sont sans doute à mettre sur la table quand on parle d’une perte de confiance en la politique belge.

La perte de confiance, marronnier depuis des années

Quant à l’opinion négative de la politique belge, on la connait. Depuis un bout de temps. Avec les scandales de Publifin et du Kazakhgate, la perception de la politique belge a pris un sacré coup dans l’aile. C’est d’ailleurs ce que pointe l’étude de l’association universitaire RepResent: les électeurs du PTB et du VB éprouvent un ressenti négatif vis à vis de la politique belge. Plus qu’ailleurs.

Publifin, c’était en décembre 2016. En février 2018, Le Soir annonçait toujours qu’un belge sur deux ne faisait pas confiance au gouvernement fédéral. En fait à travers les médias et depuis quelques années, on retrouve chaque année un ou plusieurs article(s) du genre, nous annonçant que le Belge n’a plus confiance en la politique. Face à ce marronnier dont on ignorait l’existence, on en viendrait presque à se demander: l’a-t-il déjà eue?

Il faut cependant noter que le manque de confiance n’est pas le seul critère que la note de la VUB, l’ULB et la KUL pointent vis à vis du vote en faveur des partis « extrêmes ». Il faut aussi compter le désintérêt de la politique belge (lié au manque de confiance, comme on l’expliquait plus haut).

Quoi qu’il en soit, la perte de confiance en la politique ne se résume pas à la Belgique. Partout chez nos voisins, en Europe de l’Ouest, aux Etats Unis, on ne sait plus si le citoyen a vraiment confiance en la classe politique. Un phénomène qui laisse, invariablement, la place aux extrêmes.

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