“Le champagne me donne mal à la tête”: la défense bancale de François de Rugy

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Le ministre de la transition écologique nous offre aujourd’hui un nouvel épisode dans le grand soap-opera de la politique française. Criblé d’accusations par le magazine Mediapart, François de Rugy s’est défendu ce matin au micro de Bourdin, en avançant que le champagne lui donne “mal à la tête”, et qu’il “déteste le caviar”.

Fabrice Arfi, journaliste pour Mediapart, explique l’enquête qu’il a menée.

Une “vie de château” voilà comment la rédaction de Mediapart décrit les habitudes de François de Rugy et son épouse, Séverine de Rugy, journaliste People à Gala. Entre 2017 et 2018, celui qui demandait à ce que la transparence soit de mise au sein de la politique française a organisé une dizaine de dîners privés au prestigieux Hotel de Lassay avec sa compagne. Agrémentés de caviar, champagne, grands crus et homard, les images de ces repas tombent mal alors que la France est secouée par le mouvement des gilets jaunes, qui dénoncent une fracture sociale importante entre élus et citoyens lambdas.

Des repas “professionnels”

François de Rugy critiquait l’apéro offert
par un élu UMP en 2012.
Un tweet qui passe mal
au vu des récentes accusations
dont il fait l’objet.

Ces repas étaient supposés être professionnels, mais certaines personnes qui s’y étaient rendues ont confié à Mediapart que ce critère était discutable. C’est le cas de Jean-Michel Apathie, chroniqueur politique chez Europe 1: «J’ai participé à un dîner une fois, à l’automne 2017. C’est une invitation qui m’est parvenue par ma femme. J’ai hésité à y aller parce que si le déjeuner est un espace de travail, le dîner est un espace ambigu. Là, j’ai dit oui… J’ai vite compris que cela n’avait pas beaucoup de sens d’être là pour moi. Ce n’est pas un dîner de travail. Et si c’était à refaire, non, je ne le referais pas.»

“Je déteste le caviar”

La Défense de François de Rugy est, quant à elle, surprenante. Au micro de Bourdin Direct, émission politique phare de RMC, il a déclaré que les accusations de Mediapart n’étaient en rien fondées, d’autant plus qu’il “n’aime pas les huîtres”, “est allergique aux crustacés”, “déteste le caviar” et que “le champagne lui donne mal à la tête”. Nous aussi, François. Mais ça ne nous empêche pas de nous mettre la pire pendant les dîners de famille à coups de mousseux.

Un logement social en Loire-Atlantique

L’autre accusation qui tombe sur François de Rugy, c’est la location de logement social, une nouvelle révélation de Mediapart: “il loue depuis juillet 2016 un appartement à vocation sociale en Loire-Atlantique, sans satisfaire aux conditions de location – il est notamment largement au-dessus des plafonds de revenus.”

Une nouvelle fois, le ministre d’état se défend, en disant qu’il n’avait pas connaissance de la teneur d’un tel logement, destiné normalement aux revenus modestes. Il accuse ainsi l’agence immobilière de le lui avoir attribué, alors qu’il cherchait un endroit où accueillir ses enfants quand il en avait la garde.

Partisan du modèle scandinave qui condamne tout détournement de fonds public, même le plus minime, François de Rugy se retrouve ici face à un ouragan d’accusations, et semble se dépêtrer difficilement d’une affaire qui pourrait lui coûter sa place au sein du gouvernement. Fini le homard au lunch pour De Rugy, mais peut-être continuera-t-il à en pêcher, comme le pointe un article de La Croix datant de 2017.

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