Notre-Dame: quand les réseaux sociaux se sont à leur tour enflammés

Notre-Dame: quand les réseaux sociaux se sont à leur tour enflammés

Lors de chaque drame, un simple tour sur les réseaux sociaux permet de prendre le pouls de la population. De prendre conscience ou non de la gravité de la situation. Lors de l’incendie de Notre-Dame, le monde était clairement divisé en deux. Entre ceux qui relativisaient, allant parfois jusqu’à la blague, et ceux qui attachaient beaucoup d’importance à leur patrimoine. Ce qui est sûr, c’est que cela n’a pas évité les dérapages.

“La soirée de la honte”. Entre les délires complotistes de certains et l’absence totale d’émotions pour d’autres, l’incendie de Notre-Dame a, s’il le fallait encore, révélé l’inflammabilité des réseaux sociaux. Les “il n’y a pas mort d’hommes” contre “c’est une catastrophe pour l’humanité”.

Chacun ses sensibilités après tout. Mais sur l’échelle du manque d’empathie, l’élue de Mons En Mieux, Opaline Meunier, attachée au cdH et ses racines chrétiennes, aurait sans doute dû tapoter son clavier dix fois avant d’écrire: “C’est des briques les copains. Une charpente. Ça se reconstruit (…).”

C’est défendable, mais c’est sans doute mal venu. La conseillère communale a d’ailleurs retiré son tweet, “c’était probablement trop tôt pour un débat sur la couverture médiatique de l’événement”, en effet. Plusieurs personnes, outrées, veulent voir maintenant sa tête tomber. Ou quand on bascule dans l’exagération de l’autre côté. Pour la petite anecdote, Richard Miller, Montois et cadre du MR, a retweeté le commentaire suivant: “La honte restera définitivement à la pitoyable Opaline Meunier mais c’est juste une confirmation.” Charmant.

De Francken à Trump

Theo Francken aurait lui aussi dû réfléchir avant de tweeter. D’abord, car il s’est planté de cathédrale. L’ancien secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration a joint la photo de la basilique Notre-Dame de Montréal. Pire aux yeux de certains, Theo Francken a fait le lien avec les destructions des édifices chrétiens en Syrie. Alors qu’il n’est, jusqu’à preuve du contraire, pas du tout question de terrorisme concernant Notre-Dame. Son ami George-Louis Bouchez (MR) aura lui aussi insisté sur l’importance de nos racines chrétiennes, non sans susciter quelques réactions épidermiques.

Pour l’anecdote encore, mais qui montre bien la spirale frénétique de la communication, le tweet envoyé par Elio Di Rupo (PS)… ou plutôt par son community manager. “Peux-tu envoyer ce tweet maintenant”? Oui Elio, si tu ne peux le faire que par SMS. Le backclash, là encore, ne s’est pas fait attendre.

Et puis quand on parle de tweet intempestif, on pense évidemment à Donald Trump. Et le président américain ne nous aura une nouvelle fois pas déçus: “Peut-être que des canadairs peuvent être utilisés. Il faut agir rapidement!”. Merci Donald. Sauf qu’utiliser des canadairs n’est pas approprié pour ce genre d’incendies. Car ce sont plusieurs tonnes d’eau qui se déversent en contrebas, pouvant détruire ce qui restait du toit ou endommager les œuvres à l’intérieur de l’édifice. Les canadairs, c’est bon pour les feux de forêt, pas pour les cathédrales.

Au-delà des personnalités publiques, ta propre timeline aura basculé des deux côtés. Entre ceux qui ont voulu directement dédramatiser, avec humour, et ceux pour qui une pierre importe presque plus qu’une vie. Dans un sens ou dans l’autre, le mieux est sans doute de faire preuve d’un peu plus de retenue. L’émotion est souvent mauvaise conseillère. Un petit tour sur le compte Twitter “Fallait Pas Supprimer” permet de s’en rendre compte.

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