Les partis francophones “oublient” de féliciter Charles Michel, illustration des tensions politiques en Wallonie

EPA

Cela peut paraître anodin, mais cela illustre bien la situation politique très tendue actuellement Belgique. A la suite de sa nomination à la tête du Conseil européen, aucun parti belge francophone n’a adressé ses félicitations à l’ancien premier ministre Charles Michel (MR).

Ce mardi soir, Charles Michel (MR) a été élu président du Conseil européen. Un poste important pour l’ancien Premier ministre qui a dû se passer des félicitations de ses homologues belges, malgré une belle réussite sur le plan personnel tant que pour l’image de la Belgique sur le plan international. Pourtant, aucun parti ou presque n’a souhaité féliciter l’ancien chef du gouvernement. C’est plutôt l’inverse qui s’est produit.

Certains ont complètement zappé cette nomination comme Elio di Rupo (PS) ou Maxime Prévot (cdH), ce dernier étant pourtant assez proche de Charles Michel. Jean-Marc Nollet, lui, a préféré se réjouir de la libération de Carola Rackete ou de la victoire de l’équipe belge féminine de basket au Championnat d’Europe.

En fait, la plupart des félicitations et compliments proviennent de membres du MR ou de Flandre, même si les président de la N-VA et du Vlaamse Belang ont eux aussi gardé le silence. En Wallonie, on sent clairement une tension entre les différentes familles politiques.

Illustration des tensions politiques

D’autres chefs de parti ont plutôt profité de l’occasion pour adresser quelques piques à l’ancien Premier ministre. Par exemple, la co-présidente d’Ecolo Zakia Khattabi a préféré commenté l’évènement en pointant le fait que “la N-VA perd donc son meilleur allié”.

Raoul Hedebouw (PTB), lui, n’a pas manqué une occasion de titiller Charles Michel, “promu à l’Europe de l’inégalité et de la concurrence” lui qui a été “sanctionné dans son pays pour avoir mené une politique d’austérité anti-sociale”. Il faut regarder du côté de Paul Magnette, Benoit Lutgen ou Catherine Fonck pour trouver des commentaires bienveillants. Le président de DéFI, Olivier Maingain a quant à lui attendu ce mercredi pour adresser ses compliments à Charles Michel. Deux membres d’un parti qui s’est retiré des négociations en vue de former une coalition majoritaire en Wallonie.

Tout cela illustre parfaitement les difficiles négocations pour former un gouvernement wallon. Pour rappel, le MR est clairement mis sur la touche par le PS et Ecolo suite à la dernière législature durant laquelle les libéraux se sont isolés des autres partis francophones en travaillant avec la N-VA. Du coup, les relations sont extrêmement froides, même sur les réseaux sociaux et ça sent.

Calmer le jeu

La nomination de Charles Michel à un tel poste reste un petit évènement pour la Belgique, pourtant le pays ne s’en sort pas grandi, loin de là. Tout cela ne fait que confirmer les tensions et divergences entre les partis. Et ça, Georges-Louis Bouchez (MR) le regrette. Il estime en effet qu’il existe des moments “où les querelles partisanes doivent cesser, au moins quelques minutes”, avis exprimé en retweetant l’analyse du rédacteur en chef du Soir Christophe Berti.

Pour rappel, Charles Michel prendra ses fonctions de président du Conseil européen au mois de décembre prochain et vu les réactions des partis francophones, ça risque d’être compliqué pour tomber sur des accords en Wallonie, mais aussi au fédéral. Mais ne perdons pas espoir.

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