Le tandem PS/Ecolo lance les négociations et les consultations citoyennes

C’est donc acté. Le PS et Ecolo vont tenter l’aventure d’un gouvernement minoritaire, soutenu par des députés de l’opposition de bonne volonté. Avant de discuter du “cœur” de la politique wallonne, le tandem va effectuer des consultations auprès de plateformes citoyennes.

Tout se met en place. Surpris par la demande “à prendre ou à laisser” d’Ecolo d’étendre les discussions à la société civile, le Parti socialiste n’aura pas mis longtemps à donner son accord.

Facebook/Jean-Marc Nollet.

Les deux partis vont donc consulter. Façon Grand Débat macronien? Non, le but est de rédiger une future déclaration de la politique régionale (DRP) de la Wallonie, en y incluant certains acteurs dans des domaines clés: climat, santé, éducation et autres ONG. Le but avoué est de sortir du carcan organisation patronale vs syndicat.

Concrètement, on ignore encore quels acteurs seront désignés. Il se dit que certaines associations du “pilier” chrétien pourraient être concernées. Pourquoi? Pour tenter d’attirer des centristes à la cause “coquelicot”. Des députés qui apporteraient leur soutien aux textes de loi de la coalition minoritaire depuis l’opposition. Ce n’est pas gagné, même s’il n’ont besoin que de trois voix.

Comme le note l’Echo, ce ne serait pas une première au Sud du pays. En 2009, les spécialistes de la construction avaient aussi été associés à la rédaction d’une alliance emploi-environnement. Ici le but est d’étendre ce procédé à d’autres secteurs d’activité.

“Revenir à la raison”

De son côté, le MR fait toujours la gueule. On ne comprend pas vraiment cette exclusion qui va à contresens de la logique politique. Ecolo n’a vraiment pas envie de s’allier avec le MR, mais un gouvernement minoritaire est une grosse prise de risque qui peut déboucher sur une crise politique bien réelle.

Sur le plateau de l’Invité ce dimanche de Pascal Vrebos, Charles Michel (MR) ne mâchait plus ses mots: “Tôt ou tard, il faudra revenir à la raison” pour mettre en place “un gouvernement stable et robuste”.

Certains croient en effet qu’il s’agisse encore d’une énorme pièce de théâtre de la part du PS et d’Ecolo. Une fois qu’ils constateront, avec ou sans appui de la société civile, que leur aventure gouvernementale est très instable, ils ne pourront se tourner que vers les libéraux. Après avoir bien montré à leurs électeurs qu’ils n’avaient pas le choix.

D’un autre côté, Didier Reynders (MR) et Charles Michel (MR) sont en lice pour décrocher un poste européen important et se sont peut-être fait une raison. Président du Conseil de l’Europe pour le premier et président du Conseil européen pour le second, Didier Reynders partant avec une longueur d’avance.

Bruxelles et le fédéral, pris en otage?

A Bruxelles, on sait depuis longtemps que la tripartite PS/Ecolo/DéFI tient la corde. Mais l’Open VLD qui forme une majorité avec Groen et le sp.a pour les partis flamands de Bruxelles veut y intégrer les libéraux francophones. Tant Guy Vanhengel que Sven Gatz ne devraient pas se présenter aux négociations ce lundi, croit savoir Le Soir. C’est aussi un moyen de temporiser: la situation est aussi à l’arrêt en Flandre, l’Open VLD veut garder les cartes dans son jeu.

D’autant que la situation est aussi bloquée au fédéral. L’alliance PS/Ecolo pourrait ici déboucher sur une crise majeure. Le MR exclu, le cdH auto-exclu, il faudra bien se retrouver en vue de former une coalition au plus haut niveau. De laquelle la N-VA sera exclue? C’est toute la question. Les nationalistes tentent de mettre dans la balance une menace d’alliance avec le Vlaams Belang en Flandre, même si tout porte à croire pour l’instant que le cordon sanitaire ne sera pas rompu.

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