Vous voulez entendre une idée qui peut avoir l’air géniale et atrocement fatiguante à la fois? S’imposer un dessin encré, avec un thème précis, tous les jours pendant tout un mois. C’est ce que les illustrateur.trice.s d’Internet appellent Inktober.
Tout a commencé en 2009 lorsque Jake Parker, illustrateur professionnel, a voulu se lancer un challenge de 31 dessins en 31 jours, avec un mot pour l’inspirer à chaque illustration. Il l’a appelé Inktober. Depuis, son défi est devenu celui de dizaines de milliers de personnes à travers le monde, dont tu peux retrouver les créations via le #Inktober2019 sur Instagram, Tumblr, Deviantart ou encore Twitter.
Pour Jake Parker, Inktober est l’occasion de se donner les moyens d’être plus créatif, plus attentif à ses oeuvres et à ne pas hésiter à dessiner tous les jours avec discipline. Chaque année, il est celui qui diffuse la liste de mots de référence qui devront faire l’objet d’un dessin encré. Cette année, le premier mot est donc « ring », « anneau » ou « cercle » en français. S’ensuivent « stupide », « appât », « congeler », etc.

Ne pas se mettre (trop) de pression
À peine le premier jour lancé, on voit des oeuvres pulluler un peu partout sur les réseaux sociaux. L’engouement est tel qu’on a du mal à s’y retrouver. Certain.e.s, cependant, se sont permis de l’arranger à leur sauce, avec une envie d’éviter trop de pression lors du mois d’octobre. C’est le cas de Catherine, jeune illustratrice belge de 23 ans: « Inktober a gagné tellement fort en popularité que la motivation est devenue omniprésente, au point où c’est limite attendu par tout le réseau dessineux sur les plateformes style insta, tumblr, twitter… »
Une attente qui peut cependant être très lourde à porter pour certains artistes: « C’est toujours top de suivre Inktober, mais parallèlement il y a une pression liée au fait qu’ils se sentent obligés de faire quelque chose de « regardable », de poster chaque jour par peur de décevoir leurs followers, etc. Les artistes se mettent eux mêmes la pression là dessus et comme pour tout, il y a ce côté où tu te compares aux autres et te sens obligé de faire des illus parfaites alors que… non. Rien ne t’y oblige. »
Des challenges aménagés
Alors, certain.e.s aménagent et proposent d’autres manières de voir le challenge. Tarmasz par exemple, illustratrice, bédéiste et tatoueur installée à Bruxelles, a proposé sa propre version de l’Inktober. Avec jours de congé et lexique qui a trait à son univers un poil mystique et sorcier, c’est un autre genre d’Inktober qu’elle propose.
En bref, Inktober est un beau challenge et y participer doit avant tout être un plaisir non négligeable. Si tu cherches par contre à admirer les oeuvres d’artistes belges talentueux, on t’en recommande quelques uns.
Ellie versus Bear, de la douceur avant tout
Elle n’a pas encore posté son premier dessin, mais a annoncé qu’elle participerait à l’Inktober cette année. L’occasion de découvrir une jeune artiste toute en couleur et en douceur, avec un univers entre Miyazaki et Hilda.
Florent Marloye, toujours plus de détail
Illustrateur liégeois, Florent Marloye nous offre avec ses dessins un univers fantastique et minutieux à chaque nouvelle oeuvre. De quoi passer plusieurs minutes à scruter l’attention portée au détail.
Elodie Shanta, pour créer de nouveaux personnages
Elodie Shanta, co-tôlière de Rascasse avec Tarmasz (un salon de tatouage à Bruxelles), s’est elle aussi aménagé son Inktober, avec un Inktober « premium ». Le principe: créer des petit.e.s créatures et personnages inspiré.e.s d’univers différents. Pour le premier, on a par exemple « cornifeu », tout droit sorti d’un Pokémon alternatif. La liste compte aussi les Moomins, Zelda Breath of Fire, Street Fighter ou même Fort Boyard.
Marie Spénale, de l’horreur à revendre
Marie Spénale est française mais a eu la bonne idée de s’installer à Bruxelles. On triche un peu, mais son travail vaut le détour d’autant plus que pour Inktober, elle a décidé de regarder un film d’horreur par jour pour ensuite en faire un dessin (avec making of à la clé sur son compte instagram). De quoi te plonger dans une ambiance sombre et de circonstance pour ce mois d’octobre.
Nurg, pour les obsédés de symétrie
Nurg est lui aussi un jeune artiste liégeois qui aime à mettre à l’honneur le graphisme et la symétrie dans ses dessins. Si tu aimes les traits émaciés et les jeux de cartes, tu as trouvé ton bonheur avec lui.