Fédéral: une réunion mercredi et un arc-en-ciel qui reprend des couleurs

epa

C’est reparti pour un tour. Les deux informateurs royaux vont à nouveau réunir les présidents de sept partis autour de la table. Ecolo, qui a refusé de venir fin juillet, n’en sera pas. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’un gouvernement arc-en-ciel est abandonné. Les regards se tournent toutefois d’abord vers la N-VA.

Après plusieurs semaines à temporiser – Didier Reynders était bien occupé par sa candidature de commissaire européen – les deux informateurs royaux reprennent du service. Ils ont préparé une note à l’attention de leurs invités: N-VA, PS, MR, Open Vld, CD&V, sp.a et Groen. Rappelons que le cdH et Ecolo se sont exclus et que le VB et le PTB n’ont jamais été conviés aux discussions fédérales.

Le but est toujours de faire une sorte de “gouvernement de programme”. Une coalition pas forcément cohérente idéologiquement, mais qui peut se retrouver sur un ensemble de mesures pour faire fonctionner le pays. Les pressions budgétaires sont là et poussent à trouver des solutions.

Vers un pas de côté de la N-VA?

Mais en coulisses, tous les regards se tournent vers la N-VA, étrangement absente lors de la nomination de Didier Reynders comme candidat à la Commission. Elle n’a réagi qu’après coup et pas vraiment de manière crédible. En fait, de plus en plus d’observateurs au nord du pays se demandent si la N-VA a toujours l’intention de gouverner au niveau fédéral. Jusque dans les rangs de l’Open VLD et du CD&V. “Est-ce qu’ils veulent toujours y aller?”, se demandent des personnalités impliquées.

En fait, pour le moment, tout le monde attend la formation d’un gouvernement wallon avant d’aller plus loin au fédéral. Un gouvernement arc-en-ciel (PS-MR-Ecolo) se profile après quelques tergiversations de la part des Verts. C’est cette même combinaison arc-en-ciel qui est la seule susceptible de fonctionner au fédéral sans la N-VA. C’est l’option privilégiée par le PS depuis le départ, même si le sp.a rêvait d’une Bourguignonne, envisagée un temps.

Deux gros obstacles

Mais deux gros problèmes se posent: d’abord le fait que l’arc-en-ciel placerait les partis flamands en minorité (41 sièges sur les 89 élus flamands à la Chambre), rien de neuf toutefois. Ensuite, les réticences profondes de l’Open vld dont certains leaders se verraient bien opérer un tournant à droite.

Il est vrai que CD&V et Open vld risquent gros en laissant la N-VA et le VB dans l’opposition au niveau fédéral. Ce risque est toutefois atténué avec la mise en place d’une suédoise au nord du pays. Leur action sera diluée et donc plus difficilement critiquable par rapport à leurs adversaires.

Des observateurs en Flandre jugent aussi que les circonstances internationales exceptionnelles (Brexit, climat, croissance en berne) pourraient accélérer le mouvement. Mais une chose est sûre: il faudra d’abord faire la démonstration qu’un gouvernement qui mêle PS et N-VA est infaisable. Ce qui nous mène sans doute à plusieurs mois de négociations.

Chacun pourrait ensuite s’y retrouver. La N-VA pourra mettre la faute sur le PS, son meilleur ennemi. Le PS pourra faire sans la N-VA, ce qui sera bien vu par son électorat, et les autres partenaires pourraient affirmer leur sens de l’Etat et sauver la Belgique d’une nouvelle crise interminable.

La seule grande inconnue, c’est le score potentiel du VB dans cinq ans. Mais cinq ans en politique, c’est très long.

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