La mission des informateurs a complètement échoué: “Le PS refuse toute discussion avec nous”, tweete Theo Francken

La Chambre

Ce que l’on craignait finit pas se dérouler sous nos yeux. Fédéral, Région, Communauté: il sera bien difficile d’avoir un gouvernement avant le 21 juillet prochain, date des vacances parlementaires. Tour d’horizon.

Commençons par le plus tendu: le gouvernement fédéral. Jusqu’ici Johan Vande Lanotte (sp.a) et Didier Reynders (MR), informateurs royaux, négociaient dans la plus grande des discrétions. Pas de porte-parole, pas de lieu de négociation, seulement deux conférences de presse quasi identiques: “Il nous faut du temps”.

On apprend ensuite par tweets interposés que les négociations sont au point mort. Theo Francken se lâche: “Ceux qui disent qu’ils l’aiment, la portent dans sa tombe”. Il parle de la Belgique et de l’attitude du PS qui ne veut pas discuter avec les nationalistes. Pas un mot. “Attitude incompréhensible du PS, qui a peur de son ombre (et de celle du PTB)”, s’étale encore l’ex-secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration qui parle d’une “défaite intellectuelle”. La mission de Didier Reynders et Johan Vande Lanotte est un échec. Pour preuve, le libéral est occupé à défendre sa candidature de président du Conseil de l’Europe ce mercredi à Strasbourg.

Reste que ce blocage était annoncé. Le PS veut exclure la N-VA du gouvernement fédéral. Mais au simple stade des négociations, les socialistes refusent même les discussions informelles et discrètes. Une ligne dure qui n’est pas partagée par la N-VA, toujours prête à au moins discuter.

Ce blocage au niveau fédéral oblige Bart De Wever à accélérer au niveau flamand. Après une danse du ventre en trois actes avec le Vlaams Belang, le président des nationalistes pourrait être tenté par l’aventure minoritaire. Mais le plus probable reste la majorité sortante composée de la N-VA, de l’Open vld et du CD&V, le sp.a et le PVDA s’étant exclus.

21 juillet

Du côté francophone? Pas mieux! Tout portait à croire que l’on allait pouvoir avancer à Bruxelles, mais l’Open vld fait des siennes. Il refuse de s’asseoir à la table des négociations. L’Open vld, presque indispensable du côté des partis flamands de la capitale, veut y intégrer les libéraux francophones. Mais la tripartite PS/Ecolo/DéFI se suffit à elle-même.

Zakia Khattabi, coprésidente d’Ecolo, a toutefois rappelé que l’Open vld était au pouvoir depuis 15 ans à Bruxelles, sans le MR. Elle ne voit pas pourquoi cette situation devrait aujourd’hui être un problème.

Et enfin il y a la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le PS, qui a la main, se lance dans des négociations avec Ecolo. Mais rien ne sera simple: les deux partis ne disposent pas de majorité. Et les consultations avec la société civile ne se feront pas du jour au lendemain. Il est donc difficile d’imaginer qu’un gouvernement puisse se former durant l’été.

Les vacances parlementaires se situent en effet autour du 21 juillet (La Chambre). Après cette date, les négociateurs lèveront le pied jusqu’à la rentrée. Une possibilité existe à Bruxelles pour tenter de trouver un gouvernement d’ici là, mais ailleurs, cela semble bien compliqué.

Reste à pouvoir l’expliquer à une population dégoûtée, qui fait face à des enjeux cruciaux.

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