Snapchat a présenté sa fonction Memories aujourd’hui. Elle permet de conserver des stories, de choisir ce qu’on veut montrer et de repartager certaines images tout en cachant d’autres. En gros, Snapchat facilite le travail qu’on faisait déjà avant. Mais en faisant ça, on perd le côté sauvage, jeune et éphémère qui avait fait sa popularité. Maintenant, Snapchat devient pratique, donc vieux.
Memories, la nouvelle fonction de Snapchat, risque de changer complètement notre façon de l’utiliser

Un clic sur Memories et tu pourras conserver une photo ou une vidéo dans un dossier privé sur ton compte perso

Retrouver tes Snap dans Memories? Un simple click du bas vers le haut

Tu pourras retrouver tes Snaps grâce à un moteur de recherche

Et là, tu pourras les visionner, les modifier ou en faire une toute nouvelle Story

Tu pourras aussi vouloir simplement montrer une séquence vidéo comme un souvenir à la plage

Et tu pourras décider de cacher certaines séquences plus perso avec la fonction My Eyes Only

Ok, c’est génial Memories. Alors, où est le problème?
Snapchat devient pratique. Avec Memories, on perd le côté éphémère qui faisait tout l’enjeu du début. Bien sûr, on pouvait faire des captures d’écran ou uploader des images avec un crack, mais c’était toujours un peu la galère. Ça faisait partie du jeu. Snapchat gardait une dimension un peu sale, pour partager des bêtises mal cadrées et raconter des conneries loin des parents.
Snapchat, c’était surtout une alternative à Facebook, surchargé de publicités, d’articles sérieux et de notre famille. Sur Snapchat, pas de photos de tantine ou du cousin à la plage. Tu choisissais ce que tu voulais voir. Mais avec Memories, le réseau s’ouvre à tous. Il devient plus facile d’accès et plus propre. Donc chiant. Et si les parents débarquent sur Snapchat, où iront les enfants? Dans la nature? Non, c’était une blague…

Conclusion: chronophage, pratique et pro
En définitive, Snapchat risque d’être sérieusement plus addictif dans le sens où l’application va nous bouffer encore plus de temps. Avec toutes ces nouvelles possibilités, les Snapchatteurs vont se sentir comme des réalisateurs en herbe. L’appli va vraiment devenir pratique pour parler de tout, de soi comme de n’importe quoi. Du coup, elle va devenir un outil professionnel.
Et tout ce qui est pro, fait fuir les jeunes. Regardez Facebook: la plateforme est envahie par les comptes professionnels, la publicité et le militantisme. Elle enregistre du coup une sérieuse baisse des interactions humaines. Snapchat pourrait souffrir du même problème: devenir trop pro pour que les jeunes s’y sentent encore vivre. Avec ses 150 millions d’utilisateurs, Snapchat fait un pari risqué. Mais c’est le jeu. Au pire, on trouvera une autre appli pour s’envoyer des photos avec des langues de chien.