Vestiville: les deux organisateurs placés sous mandat d’arrêt, un désastre annoncé

Annulé le jour de son ouverture, Vestiville a tout du FYRE festival à plus petite échelle. Le manque d’expérience des organisateurs a mené au fiasco complet. Mais on pouvait s’en douter.

Cardi B, Future, Migos ou encore Maître Gims. La crème de la crème du hip-hop devait se donner rendez-vous à Lommel dans le tout récent Vestiville. Un nouveau concurrent dans le milieu des festivals belges, le même week-end que Werchter? C’était le pari audacieux fait par deux néerlandais, frère et sœur, ainsi que leur associé britannique.

L’idylle va vite virer en fiasco: vendredi le bourgmestre de Lommel n’autorise pas le festival à débuter. Il est question de problèmes de sécurité pour les festivaliers, notamment au niveau des issues de secours qui n’étaient pas aux normes, pas plus que les scènes d’ailleurs.

Les doutes étaient pourtant nombreux. Ce sentiment du “c’est trop beau pour être vrai”. Tout le monde à l’exemple du FYRE festival de Netflix en tête. À quelques jours de l’ouverture, les organisateurs ont même fait plusieurs interviews pour rassurer le public, en plus de capsules vidéo sponsorisées. Ça sentait pas bon.

Les festivaliers, Belges et étrangers, se sont finalement précipités aux portes du Vestiville, ils n’auront pas été plus loin. Les jets de gobelets et cris n’y feront rien: tout le monde est prié de rentrer chez soi.

Amateurisme

Dans la foulée, les deux Néerlandais sont interpellés par la police. Ce dimanche, ils font finalement l’objet d’un mandat d’arrêt de la police d’Hasselt. Ils sont soupçonnés de faux en écriture, escroquerie et abus de confiance. La facture pourrait se chiffrer en centaines de milliers d’euros.

L’avocat de Ravuth Ty, le frère, promet que “le seul objectif était de monter un festival”. Ce qui est sûr, c’est que l’organisation puait l’amateurisme. Les deux jeunes organisateurs ont déjà monté des festivals similaires par le passé aux Pays-Bas, sous le nom de Vestival. Ils avaient pu avoir lieu malgré le manque d’expérience du duo déjà épinglé à l’époque.

En effet, la petite entreprise néerlandaise derrière l’organisation avait fait faillite au bout de deux éditions, notamment par rapport à des erreurs de planifications budgétaires et de comptabilité, a pu voir la VRT dans le rapport de faillite. L’associé anglais était lui responsable uniquement de la gestion des artistes, ce qui a été fait. Il a d’ailleurs été relâché par la police ce dimanche.

Remboursement

Les 125.000 festivaliers auront eux perdu quelques économies. En Belgique, Test-Achats a déjà proposé son aide pour les aider à récupérer leur somme. Ils garderont en mémoire un joli week-end ensoleillé dans les champs au beau milieu d’un énorme fiasco. Entre-temps, les plateformes de vente de billets Eventbrite et Festicket ont assuré que les festivaliers seraient remboursés. Pour rappel, un ticket – un jour – coûtait 78,85 euros. Pour les trois jours, il fallait débourser plus de 200 euros (470 euros en VIP).

La Belgique, terre de festivals reconnue dans le monde, se serait bien passée de cet épisode.

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