Pour Stéphane Mercier, être prof de philo pour l’UCL et anti-avortement, ce n’est pas un problème 

Pour Stéphane Mercier, être prof de philo pour l’UCL et anti-avortement, ce n’est pas un problème 

Dans son cours, le prof de l’UCL Stéphane Mercier tenait des propos homophobes, transphobes et anti-avortement. Interrogé par La Libre Belgique, Mercier explique ne pas comprendre quelles valeurs il a heurté et pourquoi il risque d’être suspendu. Mais cette défense est loin de convaincre les étudiants de l’Université.

“La vérité, c’est que l’avortement est le meurtre d’une personne innocente”, pouvait-on lire dans le cours de philosophie de Stéphane Mercier, professeur invité par l’UCL. On y trouvait aussi des propos homophobes, des références à Tony Anatrella, prêtre homophobe notoire accusé de viol qui fait des comparaisons entre l’homosexualité et le nazisme.

Tout ceci a été prouvé par des étudiants de l’Université catholique de Louvain et n’a pas été démenti par le professeur. Au contraire, celui-ci a confirmé avoir utilisé ces textes pour étayer son cours et pousser les élèves à réfléchir par eux-même. Mais pour les élèves, ce discours sortait totalement du cadre pédagogique et s’apparentait plus à du militantisme.

“Quelles sont les valeurs que mon discours a heurtées?”

Militant, le Mercier? Sans aucun doute. Le professeur a été applaudi à la marche pro-vie (= anti-avortement) qui se tenait dimanche dans les rues de Bruxelles pour ses propos anti-IVG: “Une université catholique devrait selon moi également défendre la dignité de la vie”. Ce qui n’est plus du tout une réflexion ouverte mais une posture solide et affirmée. Pour l’instant, l’université de Louvain n’a pas encore décidé si elle allait le garder ou non.

Le journal La Libre Belgique a interrogé Mercier pour connaître sa situation. “Mes activités de cours sont suspendues”, explique-t-il. “On me dit que mon discours est en opposition avec les valeurs de l’UCL. Je me demande ce que cela signifie: quelles sont les valeurs que mon discours a heurtées?”

Tout au long de l’interview, le prof anti-IVG se défend d’avoir tenu des propos scandaleux et déclare n’avoir cité que des auteurs respectables. “Je n’imposais pas mon point de vue. (…) J’ai fait mon travail de manière honnête. (…) Je ne crois donc pas que l’on puisse être taxé d’”homophobe” ou de “transphobe” en proposant une synthèse des vues philosophiques développées dans des ouvrages publiés de manière honnête, légale et légitime par des maisons d’édition bien connues.”

“Ce genre de propos me révoltent totalement”

Contactée par newsmonkey, Hélène Jane-Aluja, secrétaire générale de l’AGL, l’Assemblée Générale des étudiant(e)s de Louvain, est scandalisée: “Ce genre de propos me révoltent totalement”, nous déclare-t-elle. “Les propos de M. Mercier ont été tenu en auditoire. Si ses propos sont considérés comme n’étant pas homophobes, alors on n’a pas la même définition de l’homophobie. (…) D’ailleurs, il était guest-star de la marche pro-vita. Là, il n’y a pas de doute [qu’il est contre l’avortement].”

“À l’AGL, on se fait porte-parole des étudiants parce que c’est difficile pour des étudiants d’avoir un discours qui va à l’encontre du discours d’un professeur,” ajoute Hélène Jane-Aluja. “Parce que s’il ne se passe rien pour ce professeur là, ce sera quand même lui qui sera amené à évaluer ses élèves en fin d’année. C’est à ça que sert l’AGL.”

La réponse est claire: il n’est pas question de censure mais d’éviter aux élèves de se retrouver avec un prof qui a un biais idéologique. Bref, d’avoir un cours objectif et non partial.

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