La Belgique est le deuxième importateur de viande de cheval en Europe. Un chiffre plus important qu’il n’en a l’air. GAIA, en compagnie d’une douzaine d’associations partenaires, lance un appel pour dénoncer les mauvais traitements réservés aux destriers qu’on retrouve plus souvent dans son assiette que dans les westerns.
Les organisations partenaires TIerschutzbund Zurich et Animal Welfare Foundation ont filmé, entre avril 2018 et janvier 2019, les conditions dans lesquelles sont traités les chevaux dans et autour d’abattoirs uruguayens et argentins, principaux fournisseurs de la Belgique. Avis aux âmes sensibles: les images qu’on retrouve dans le documentaire peuvent s’avérer violentes.
Des chevaux malades, avec des abcès et des jambes cassées, sans soins, parfois à l’agonie. Transportés des heures sans eau ni nourriture, ils se retrouvent dans des postes de rassemblement, entassés. On ne va pas te faire le détail des souffrances de ces animaux qu’on voit plus souvent dans un pré que dans un abattoir, mais être destiné à la viande chevaline est loin d’être une partie de plaisir.
Depuis 2010 pourtant, plusieurs initiatives avaient été mises en place. De nombreux supermarchés belges, après avoir reçu les premières enquêtes de GAIA, avaient arrêté de vendre de la viande de cheval non-européenne (Aldi, Colruyt, Makro), quand d’autres avaient tout bonnement arrêté d’en proposer dans leur rayonnage (le cas de Delhaize et Lidl).
En 2015, une initiative commune de la Fédération de la Viande Belge et de la KU Leuven nommée Respectful Life visait à contrôler les traitements réservés aux chevaux. Seul problème: lorsqu’ils organisent de visites dans les abattoirs, ces derniers sont en général prévenus bien à l’avance, une erreur d’après Ann de Greef, directrice de GAIA: « Les visites sont annoncées et les abattoirs s’y préparent systématiquement à l’avance. Par exemple, les nouvelles images montrent comment, en amont d’une telle inspection, des abris ont été mis en place et comment les chevaux malades et blessés sont écartés des enclos moins visibles. »
Le Canada aussi coupable de mauvais traitements
Il n’y a pas qu’en Amérique latine que GAIA sème ses plaintes: au Canada, en janvier et février 2019, d’autres films ont été réalisés, montrant des chevaux sous les intempéries par -30° pendant des heures. Blessures ouvertes et poulains décédés à la naissance sont au menu de ce documentaire lugubre.
Pour lutter contre ces traitements dégradants, GAIA « appelle les consommateurs à cesser d’acheter de la viande de cheval provenant d’Uruguay, d’Argentine et du Canada. » Ann de Greef renchérit en faisant appel aux autorités: « Nous exhortons la Commission européenne à interdire les importations en provenance de ces pays, comme ce fut le cas pour le Brésil et le Mexique. »