Arrêter les insultes racistes, mais pas les chants homophobes: 2 poids 2 mesures pour la Fédération Française de Football

Les mascottes de Chelsea brandissent des drapeaux arc-en-ciel en solidarité avec la communauté LGBT pendant la English Premier League, durant le march Chelsea/Fulham à Londres, le 2 décembre 2018 - EPA

Un nouveau pavé dans la mare à l’occasion des débats sur les discriminations dans les stades. Cette fois-ci, c’est au tour du président de la FFF, Noêl le Graët, d’y ajouter son grain de sel.

8h30 un mardi matin. Noêl le Graët, président de la Fédération Française de Football (FFF) se poste au micro de France Info. Depuis une semaine, il a créé la polémique en annonçant qu’il ne voulait plus qu’on arrête les matchs de football en cas de chants homophobes dans les stades.

“Je n’arrêterai pas les matchs”

Aujourd’hui, il en remet une couche. Il demande aux arbitres d’arrêter de stopper les matchs en cas de chants homophobes et propose comme solution de demander aux supporters de ne plus apporter de banderoles. “Je n’arrêterai pas les matchs (…). Tous les joueurs ou joueuses sont parfaitement bien reçus dans nos clubs. Je suis contre (l’homophobie, ndlr), il n’y a pas d’omerta, il y a une volonté farouche de faire en sorte qu’on puisse être sur un stade de façon très digne et amicale et en famille, mais l’arrêt des matchs ne m’intéresse pas”

Questionné par le journaliste en face de lui sur cette déclaration, il ajoute: “On arrête un match pour des cris racistes, j’ai donné des instructions pour une bagarre s’il y a un danger quelque part dans les tribunes.” Pour lui, dire que le football est homophobe est un non-sens, au vu du nombre d’adhérents.

Deux poids, deux mesures

Ses propos, qui font écho à une vision de deux poids, deux mesures dans ce vaste débat qui fait écho aux arrêts de matchs de plus en plus fréquents mais aussi aux cris de singe dont a été victime Lukaku, ont déclenché une vague de réactions sur les réseaux sociaux.

Nils Wilcke, journaliste à 20minutes.fr
François Gapihan, journaliste chez BFM TV
David Perrotin, journaliste chez Loopsider

Certains se sont félicités de ces propos, en demandant la “libération des Ultras”, sans pour autant représenter la majorité des commentaires. Un nouveau pavé dans la mare dans la thématique de l’homophobie dans le sport, plus précisément le foot.

La ministre des sports française, Roxana Maracineanu, a réagi aux propos parus il y a une semaine sur son compte Facebook. Elle s’est dite “étonnée par les propos de Noël Le Graët”, tout en appelant à “tous les acteurs du sport” de “s’engager sans équivoque dans cette démarche qui nécessite peut-être de la pédagogie, sans doute des sanctions, mais sûrement un dialogue constructif entre tous les acteurs. Par respect. Parce que la valeur cardinale du sport, c’est la tolérance.”

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