Un prof invité de l’IHECS fait le bad buzz: il est accusé de racisme et de sexisme pour ses propos chocs sur les Africaines

Un prof invité de l’IHECS fait le bad buzz: il est accusé de racisme et de sexisme pour ses propos chocs sur les Africaines

Le monde enseignant belge fait à nouveau le bad buzz. Après les propos anti-avortement d’un professeur de philosophie de l’UCL et le mail sexiste de la faculté de médecine de l’ULB, c’est un professeur invité de l’IHECS qui est au cœur d’une polémique. Dans une conférence donnée à des étudiants de 2e BAC, il parlait très crûment de la sexualité des femmes au Rwanda. Si le professeur s’excuse de sa maladresse, l’IHECS semble, elle, se décharger de toute responsabilité.

“L’amie rwandaise, quand elle marche, elle a l’élégance d’une génisse [ndlr: une jeune vache n’ayant pas encore eu de veau]. (…) Pour faire l’amour c’était aussi très différent. Et ça je trouve que ça devrait être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco: la façon de faire jouir les femmes au Rwanda, parce que c’est quand même important, l’Unesco, qu’est-ce qu’il fout pour améliorer la condition humaine. Et donc, (…) vous devez titiller le clitoris, et pour que ça soit efficace, il faut bien tirer!”. Voilà un extrait des propos tenus par Michel Demeuldre lors de la conférence “Timbres et Sociomotricités” donnée il y a environ deux mois à des étudiants de 2e BAC à l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales (l’IHECS) à Bruxelles.

Suite à la mise en ligne il y a quelques jours du podcast de son intervention, le Collectif Mémoire Coloniale & Lutte contre les Discriminations est immédiatement monté au créneau, en publiant un communiqué sur Facebook. “À la question de savoir ce qui le motive à parler des musiques populaires auprès des jeunes, le professeur, totalement hors sujet, se perd dans une espèce de récit personnel teinté d’un sexisme et d’un racisme conscient ou inconscient patents”, dénonce ainsi l’association qui milite en faveur d’une société décolonisée.

Des propos “malséants et humiliants”

En effet, ce conférencier – qui est par ailleurs un ancien professeur de sociohistoire des musiques du monde de l’ULB – était venu à l’IHECS dans le cadre du cours de “Formes Musicales”. Mais plutôt que de parler musique, il s’est longuement entretenu sur la sexualité des femmes au Rwanda, “en s’essayant à une imitation grotesque et méprisante de ce qui semble être un accent congolais”, écrit encore le collectif.

Il condamne donc “avec fermeté les propos aussi malséants qu’humiliants envers les femmes afro-descendantes” tenus par le professeur et attend de la part de l’Université Libre de Bruxelles et de l’IHECS, une prise de position claire et publique. De nombreuses personnes, y compris des étudiants de l’IHECS, ont également réagi avec indignation en commentant le post sur Facebook.

L’ULB “s’associe aux indignations”

L’ULB avait immédiatement réagi vendredi dans un commentaire sur le post Facebook du collectif: “Les autorités de l’ULB ont été informées, ce jour, des propos tenus à l’IHECS par cet ancien professeur qui n’a plus aucune charge de cours ni de recherche dans notre institution. Elles s’associent à votre indignation face à des propos stigmatisants et contraires à nos valeurs. L’ULB est une université engagée et porte haut le combat contre toute forme de sexisme et de racisme.”

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L’IHECS se décharge de toute responsabilité

De son côté, l’IHECS vient seulement de rebondir dans un communiqué envoyé à la presse. L’école de communication bruxelloise tient d’abord à préciser que M. Demeuldre ne fait pas partie du corps enseignant. Il a été invité par le titulaire du cours “de par ses compétences et sa qualité dans cette matière”. Le professeur en question, M. Schmitz, s’est défendu en disant que M. Demeuldre “a toujours voulu promouvoir dans son parcours la connaissance et le respect des cultures, lutter contre la xénophobie, le racisme, en faveur de l’égalité des genres”.

Les autorités de l’école reconnaissent tout de même leur erreur “d’avoir, sans assez de discrimination et de jugement, mis en ligne cette prestation orale”. Et rappellent aux enseignants et intervenants extérieurs “la nécessité de rester dans le cadre de propos académiques et d’éviter autant que faire se peut des digressions qui peuvent heurter la sensibilité des étudiants”.

Mais aucune excuse à l’horizon. L’IHECS souligne même que “ses propos, effectivement très crus sur certaines pratiques sexuelles anciennes au Rwanda et en Afrique de l’Est, renvoient à des pratiques qui semblent largement documentées dans la littérature scientifique”. C’est pourquoi, elle a préféré laisser au professeur incriminé le soin de se défendre lui-même dans la suite du communiqué. En quelque sorte, une manière de se décharger de toute responsabilité.

Le professeur s’excuse de sa “maladresse”

Surpris par l’ampleur de la polémique sur les réseaux sociaux, le professeur regrette que ses propos aient été “isolés et retirés de leur contexte, pour celles et ceux qui ne connaissent pas la culture de la cour de l’ancien royaume du Rwanda”. Il a admet qu’il a été “maladroit” et s’en excuse. Si le lynchage continue sur les réseaux sociaux, il ajoute qu’il réclamera “un débat contradictoire public avec un modérateur et une personne qui m’accuse de points précis” pour qu’il puisse y répondre.

IHECS

ULB et UCL quelques semaines plus tôt

Et l’IHECS n’est pas la seule école dans la tourmente. Fin mai, c’est l’Université libre de Bruxelles qui était au centre d’une autre polémique. Pour rappel, les étudiants de la faculté de médecine avaient reçu un mail qui précisait comme consigne pour leur remise de diplôme: “d’un point de vue esthétique, il est préférable que les jeunes femmes revêtent une robe ou une jupe ainsi qu’un joli décolleté et les hommes, un costume. Bien entendu, mesdames, cette consigne n’est pas obligatoire”.

Et au mois de mars, ce sont les propos de Stéphane Mercier, professeur de philosophie à l’Université catholique de Louvain, qui avaient été épinglés. Il se demandait notamment dans son syllabus si “l’avortement n’est-il pas encore plus grave que le viol?”.

Bref, sale temps pour les universités et hautes écoles belges francophones…

Voici le communiqué du collectif qui milite contre le racisme et en faveur de la décolonisation que tu peux lire sur Facebook:

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