Qui est Robert Mueller, l’homme qui pourrait causer la destitution de Donald Trump?

EPA-EFE/JIM LO SCALZO

Le rapport Mueller continue de faire son chemin dans la sphère médiatique internationale. Dans les derniers rebondissements, Robert Mueller, à la tête de l’investigation, a accepté de témoigner à propos de son enquête de deux ans sur la potentielle ingérence russe lors des élections de américaines de 2016. Mais qui est Robert Mueller, et comment son témoignage pourrait-il changer la donne quant à la destitution de Donald Trump?

Dès le 4 septembre 2016, la potentialité d’une interférence russe dans les élections américaines faisait son chemin dans l’esprit des démocrates. Première sur la ligne de front: Hillary Clinton et son candidat vice-président, qui accusaient Moscou d’hacker leurs mails et de les avoir espionnés afin de favoriser l’élection de Donald Trump. De là partira l’enquête la plus importante de cette législature, avec comme titre, à l’image des affaires Monica, Water et Kazakh Gate: le Russia Gate.

Comey, Sessions et Mueller

Ce n’est pourtant pas Mueller qu’on verra arriver dès les premières accusations. À l’époque, le directeur du FBI se nomme James Comey, mais il sera rapidement écarté de son poste par Donald Trump, dans des conditions questionnables pour les démocrates, légitimes pour les soutiens du président américain.

Parmi les protagonistes de l’affaire, on compte aussi Jeff Sessions, qui apportera son témoignage en tant que procureur général des USA, sans pour autant confirmer l’ingérence russe. Puis Robert Mueller débarque sur le devant de la scène.

Princeton, FBI et Sénat

Ancien président du Sénat qui a du faire face au 11 septembre durant cette période, ex-directeur du FBI de 2017 à 2019 et diplômé de Princeton, Robert Mueller, 72 ans, est nommé en tant que procureur spécial chargé d’enquêter sur le Russia Gate. Du 17 mai 2017 jusqu’à aujourd’hui, il va être chargé de savoir si, oui ou non, Donald Trump aurait collaboré avec la Russie dans le cadre de piratages informatiques.

EPA-EFE/JIM LO SCALZO

La réponse, rendue le 22 mars dernier, est en demi-teinte. Non, aucune preuve n’existe contre Donald Trump et pourrait ainsi causer sa destitution… mais il n’est pas pour autant innocent.

Donald Trump, parrain américain

Le rapport en lui-même confirme cependant certaines choses dont on se doutait déjà: la manière de gouverner de Trump est unique en son genre. Comme le pointait un édito du Monde en avril dernier, l’image que renvoie Trump est très différente de celle qu’on imagine venant du chef de la première puissance mondiale. Attitude de parrain, aromatisée aux tweets mensongers et limogeages en fonction des affinités transparaissent des 448 pages du rapport, disponible dans sa quasi-totalité au public.

Rien pour autant ne justifie la destitution de Trump, longtemps appuyée par les démocrates. Mais le témoignage de Robert Mueller, un fait qui n’est pas inédit dans ce genre d’enquête, pourrait changer la donne. Un moment qui ne risque pas pour autant d’être agréable pour l’ex-directeur du FBI.

Le procureur spécial Kenneth Starr, en charge du MonicaGate sous Bill Clinton, a d’ailleurs pointé dans une interview à Fox News que lors de son propre témoignage, il avait vécu la journée la plus longue qu’il ait connue et que Mueller, à son image, aurait à répondre à de lourdes interrogations, venant tout autant de démocrates que de républicains.

Les premiers rêvent d’un témoignage public qui permettra de destituer Trump et lever le voile sur cette “non-innocence” qui transparait du rapport. Les derniers, eux, sont persuadés que l’ex-Marine sera troublé par les questions complexes et dures qui seront posées par les soutiens de Trump.

C’est donc un moment fort de la politique américaine qui va se dérouler sous nos yeux, le 17 juillet prochain, comme l’a annoncé le membre du Congrès Jerry Nadler sur son compte Twitter.

Alors que Trump vient d’annoncer sa candidature aux élections de 2020, ce témoignage pourrait marquer un tournant dans sa potentielle réelection, voire de l’histoire de la politique américaine qui n’a jamais connu pareille situation – dans son ensemble. Russie ou pas, le nom de Mueller marquera, lui, l’histoire judiciaire des Etats-Unis.

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