On a infiltré les coulisses de Pottermania, la parodie musicale belge sur Harry Potter

Sigle Weasley ©Lola d'Estienne d'Orves

Une troupe amateure envahit le Centre Culturel d’Auderghem pour offrir un spectacle ambitieux inspiré de l’univers d’Harry Potter. Avec newsmonkey, on est allés faire un tour à la répétition générale pour voir si ça valait le coup. Verdict: oui. On t’explique pourquoi en détails.

“Ce que t’as vu ce soir, y avait plein de défauts mais demain ce sera bien mieux!” Quand on sort de la répétition générale de Pottermania, on pense à tout sauf aux quelques couacs naturels à une veille de spectacle. Peut-être certains ont oublié leurs lignes ou ont eu un léger retard dans les chorégraphies. Mais ce dont on se souviendra bien plus, c’est l’ambition de ce qui est parti d’un coup de coeur pour une parodie musicale américaine d’Harry Potter de François Marotta.

Des changements de décors aux chorégraphies en passant par le chant, on est dérouté par l’appellation “amateure” de la pièce. Dans la troupe de vingt comédiens accompagnés d’une dizaine de personnes à la technique, on retrouve des improvisateurs, des professionnels de la régie, mais avant tout une belle bande de potes qui joue depuis six ans différents spectacles parodiques d’Harry Potter, sauce comédie musicale.

Effervescence et perruques

Après une quinzaine de dates sold out du côté du Hainaut et à Paris, il était temps de faire un tour par Bruxelles. Une date importante quelque part dans la capitale belge pour la troupe montoise. Dès qu’on arrive dans les coulisses à 16 heures tapantes, on sent l’effervescence qui se crée au sous-sol du centre culturel d’Auderghem. Dans la loge de Voldemort et des frères Weasley, ça joue aux dés pendant que François Marotta, créateur multi-casquette et metteur en scène, passe de pièce en pièce pour tenter de faire bouger ses comédiens.

On brosse la perruque de Lucius, on cherche désespérément la toge d’Hermione et on tape la discute’ avec Luna Lovegood avant que le top départ des tests-micro ne soit lancé. Harry Potter finit par arriver. On va pouvoir commencer.

Les Weasley tapent une partie de dés © Lola d’Estienne d’Orves
Tâche la plus ardue: brosser les longs cheveux de Lucius Malfoy – © Lola d’Estienne d’Orves
Le sigle Weasley ©Lola d’Estienne d’Orves
Hermione au micro – ©Lola d’Estienne d’Orves
Dernier brief – ©Lola d’Estienne d’Orves

La pièce respire l’ambition

Demain, dimanche 29 septembre, ils joueront devant plus de 500 personnes. Ce soir, c’est le moment de faire un maximum d’erreurs pour performer un sans fautes devant le public. “C’est toujours étrange de jouer devant une salle vide, sans rires, sans applaudissements”, confie Dobby.

C’est drôle comme on peut avoir des préjugés quand on entend parler d’une troupe “amateure”. On s’attend à des décors fabriqués à l’arrache, un jeu d’acteur imparfait et une ambiance minimaliste. Mais la pièce respire l’ambition, avec des chorégraphies riches, des voix qui tiennent la note et des costumes travaillés. La parodie permet de ressortir une série de musiques emblématiques de l’univers de la comédie musicale et celui de Harry Potter.

Potterhead ou non, on en a pour son argent

Immédiatement, on est plongés dans l’ambiance. Pas besoin d’être un aficionado de la saga pour comprendre les vannes. On blague sur l’actualité, les incohérences scénaristiques de JK Rowling, l’inconscience de Dumbledore, le mépris pour le personnage d’Hermione et même la mort de Dobby. Avec 5 personnes dans la salle pour la générale, on entend des rires, et on mentirait si on disait qu’ils ne venaient pas aussi de par chez nous.

Durant les trois heures trente de spectacle, on redécouvre les trois derniers tomes de la saga, non sans plaisir de voir Harry en avoir marre de constamment prendre cher, Luna Lovegood qui tente de faire passer Voldy du côté bienveillant de la force et Ron… être Ron. Le spectacle réserve quelque surprises: un solo impressionnant du Choixpeau magique, une romance Rogue/McGonagall tumultueuse et un final en hommage à l’univers qui clôture le spectacle en laissant la chanson en tête pour deux bonnes semaines. Au moins.

Un Harry Potter plus vrai que nature pour la pièce – ©Lola d’Estienne d’Orves
Les mangemorts, prêts à exploser Poudlard – ©Lola d’Estienne d’Orves
©Lola d’Estienne d’Orves
Ron et Hermione, ambiance love ©Lola d’Estienne d’Orves
©Lola d’Estienne d’Orves
Affrontement final – ©Lola d’Estienne d’Orves

Il est 22 heures 30 quand la représentation se termine. La fatigue et le soulagement mêlés au trac futur commencent à se ressentir sur les visages des comédiens et régisseurs. Demain, il faudra sortir le grand jeu. Les fans de Harry Potter attendent les comédiens au tournant. “Quand on a joué à Paris, les gens sont même venus déguisés, c’était fou.”, confie François. Peut-être que demain, on verra des files de toges et baguettes s’amasser devant l’entrée du Centre Culturel d’Auderghem.

Que dire sinon que malgré quelques défauts, on en a pour son argent devant Pottermania. Pour peu qu’on ait été bercé un tantinet par Harry Potter au cours de son enfance, adolescence ou âge adulte, ce spectacle de passionnés bénévoles vaut le détour. En plus, du made in Belgium, ça se soutient. Rendez-vous à 16 heures ce 29 septembre pour (re)découvrir Harry Potter, version parodie musicale.

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