Le régime végétarien, la solution du Giec pour lutter contre le réchauffement climatique

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Depuis vendredi dernier, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) est réuni à Genève pour discuter changement climatique, gaz à effet de serre et autres thématiques écolo pour remettre un nouveau rapport de recommandations. Une partie a déjà fuité et il est sans appel: pour préserver la planète, il faut devenir végétarien.

Généralement, quand le Giec parle, on l’écoute. Ce groupe d’experts spécialistes du climat fait office de prophètes quand il s’agit de questions écologiques et climatiques. Et depuis vendredi, ces experts sont réunis à Genève pour discuter de questions capitales comme les changements climatiques, la désertification, la dégradation des terres, l’insécurité alimentaire et les gaz à effet de serre.

Les experts publieront bientôt un nouveau rapport pour faire un état des lieux mondial et fournir des recommandations aux différents pays pour limiter la casse environnementale. Une version préliminaire a d’ailleurs fuité, révélant au passage qu’il sera impossible de maintenir les températures mondiales à des niveaux sûrs sans changer notre façon de gérer les terres et la manière de produire de la nourriture. Autrement dit, le Giec conseille avec insistance de changer nos régimes alimentaires en bannissant la viande.

Il est temps de faire régime

Voici ce que dit le rapport: le régime alimentaire actuel de l’Homme génère entre 25 et 30% des gaz à effet de serre produits sur Terre. Et vu la croissance constante de la population mondiale, il faudra produire 56% de nourriture en plus en 2050 par rapport à 2010.

“Cela nécessiterait une surface de près de six millions de kilomètres carré qui serait déboisée pour être convertie à l’agriculture, les deux tiers pour l’élevage et le reste pour les cultures”, explique Fred Stolle, co-auteur d’un rapport sur le sujet. Autrement dit, si les habitudes alimentaires des Hommes ne changent pas, il faudrait de nouvelles terres agricoles qui seraient deux fois plus étendues que la superficie de l’Inde.

Mais le Giec propose tout de même une solution pour éviter ça: changer drastiquement notre régime alimentaire. Désolé les viandards, mais le groupe suggère de passer au régime végétarien. Une recommandation déjà faite auparavant par d’autres spécialistes mais qui a plus d’impact quand elle vient de la bouche des experts du Giec.

La consommation de régimes alimentaires sains et durables, tels que ceux basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les légumes, les noix et les graines… offre des opportunités majeures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre”

Une partie du rapport du Giec.

Le coût écologique de la viande

Au final, cette recommandation du Giec n’a rien d’étonnant quand on connait tous les effets de l’élevage sur l’environnement. Que ce soit pour produire de la viande, des oeufs ou du lait, les agriculteurs s’en prennent malgré eux à la planète. Car tous les animaux rejettent du méthane dans l’atmosphère, un gaz bien connu comme étant à effet de serre.

Mais ce n’est pas tout: “Élever du bétail signifie également convertir les forêts en terres agricoles, ce qui veut dire que les arbres absorbant le CO2 sont abattus, ce qui aggrave encore le changement climatique. Environ un tiers de la totalité des céréales produites dans le monde servent à nourrir des animaux élevés pour la consommation humaine” peut-on lire dans le Daily Mail.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin? On peut également parler des quantités astronomiques d’eau que demandent les élevages: 13.500 litres pour un kilo de viande, 542 litres pour un blanc de poulet par exemple. Aussi, tous les engrais à base d’azote relâchent également des gaz à effet de serre qui sont 25 fois plus dangereux que le méthane. La liste est encore malheureusement trop longue.

Utopie?

Seulement voilà, à l’heure actuelle, on voit mal l’humanité entière se passer de viande et se mettre au vert. Pourtant, cela semble inévitable. Les conséquences pour des millions d’agriculteurs, restaurants, fast-foods et marques seraient évidemment catastrophiques. Le changement devra donc se faire progressivement comme pour quelqu’un qui décide d’arrêter de fumer. Mais comme ça à chaud, un monde sans viande semble inimaginable.

Si tout cela se met en place, on peut imaginer notre régime alimentaire du futur, présenté dans un rapport de la Comission EAT publié dans la revue The Lancet. Il serait à base de plantes et contiendrait de faibles quantités d’aliments d’origine animale, des céréales raffinées, des aliments hautement transformés et des sucres ajoutés, ainsi que des graisses insaturées. Car selon cette même commission, il faudrait diminuer de 50% la consommation mondiale d’aliments comme la viande rouge et le sucre.

Mais quand on sait que l’Amérique du Nord consomme environ 6,5 fois la quantité de viande rouge recommandée et que l’Europe en est à 4,5 fois, on se dit qu’on est encore très très loin du compte. Mais cette prise de conscience commence à faire son bonhomme de chemin: 44% des belges ont réduit leur consommation de viande. Cependant, on estime que seuls 7% des Belges sont végétariens. Au niveau mondial par contre, la proportion de végétariens ne serait que de 5%. Il y a encore du boulot.

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