La Russie cède sous la pression et ferme sa « prison des baleines »

La Russie cède sous la pression et ferme sa « prison des baleines »

Victoire! La Russie a cédé à la pression internationale et va libérer près d’une centaine d’orques et de bélugas. Détenus en captivité depuis sept mois, les cétacés devaient être vendus à des parcs aquatiques en Chine et à de riches particuliers. Mais la campagne menée par l’océanologue français Jean-Michel Cousteau et l’acteur Leonardo DiCaprio, notamment, a porté ses fruits.

Le gouverneur de la région de Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, a promis de relâcher rapidement les baleines détenues depuis plusieurs mois, après avoir reçu la visite de l’océanologue français Jean-Michel Cousteau. Oui, le fils du célèbre explorateur Jacques Cousteau.

Cousteau s’est rendu le week-end dernier avec une équipe d’experts à Nakhodka, où onze orques et 87 bélugas sont en captivité depuis sept mois dans ce qui a été appelé une « prison à baleines ». Ce qui avait déclenché la vague d’indignation internationale? Des images des cétacés dans des cages ont été diffusées l’année dernière. Des célébrités, parmi lesquelles Leonardo DiCaprio, dont on connaît l’engagement pour le climat, ont donc mené une campagne pour leur libération. DiCaprio a demandé à ses followers sur les réseaux sociaux de signer une pétition qui a récolté plus de 1,4 million de signatures.

Pas si vite

Cousteau et son équipe d’experts ont pour mission de déterminer comment ces baleines pourront être relâchées. Libérées trop rapidement, elles risquent des ennuis et même la mort. Selon le gouverneur de la région, un habitat, aussi semblable que possible à leur condition de vie en liberté, sera créé prochainement pour les accueillir. Malgré l’intervention personnelle du président Poutine, ces animaux n’ont toujours pas été relâchés.

Ces mammifères marins devaient être vendus à de riches particuliers ou des parcs aquatiques en Chine. Une orque coûte près d’un million de dollars, alors qu’un béluga, aussi appelé dauphin blanc, vaut des dizaines de milliers de dollars. Quatre entreprises associées à cette « prison des baleines » ont été depuis accusées de maltraitance sur les animaux et d’avoir violé la loi sur la pêche. En tant que telle, la capture de mammifères marins comme les bélugas et les orques n’est pas interdite en Russie. En raison d’une lacune dans la législation, elle est même autorisée à des « fins éducatives ».

Des individus disparus

Greenpeace avait sonné l’alarme en octobre dernier, en découvrant les orques et les bélugas entassés dans de petits enclos en Russie. Ces animaux avaient été capturés dans la mer d’Okhotsk. Selon Greenpeace, trois dauphins blancs et une orque auraient disparu dans les derniers mois. L’organisation environnementale craint qu’ils soient morts, parce que certains des cétacés captifs souffrent de problèmes de santé.

Les biologistes marins se préoccupent également de leur bien-être. Des photos aériennes montrent que de la glace s’est formée dans et autour des bassins, les baleines risquent donc d’attraper froid. En liberté, les dauphins blancs et les orques parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres, ce qui les maintient au chaud. Ce n’est malheureusement pas le cas dans leur cage actuelle.

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