Dans l’indifférence générale, Tom Van Grieken (Vlaams Belang) nommé au Conseil de l’Europe pour défendre les droits de l’Homme

EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ

Une nouvelle passée inaperçue, mais qui marque un cap dans l’histoire du Conseil de l’Europe et de ses parlementaires belges: Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang, y a été nommé en tant que parlementaire belge ce 18 juillet.

Le dimanche noir semble n’être qu’un lointain souvenir. L’arrivée en force du Vlaams Belang dans les suffrages belges, qu’on tente de s’expliquer depuis le 26 mai dernier mais qui, au final était plus prévisible que ce que l’on pense, a marqué un tournant dans l’histoire de la politique belge.

Ce 18 juillet dernier, c’est au niveau européen qu’il a créé, sans faire trop de remous, un changement de perspective. Tom Van Grieken, golden boy à l’image de “gendre idéal”, président du Vlaams Belang, a été élu au Conseil de l’Europe.

Une nomination qui fait tache…

Une nomination qui fait tache, quand on sait que cette institution se charge de faire respecter la Convention Européenne des Droits de l’Homme, les principes démocratiques et la primauté du droit à travers le continent.

Etant donné que le Vlaams Belang est un parti avec plusieurs affiliations avec des groupes néo-nazis, a un passif islamophobe, raciste, sexiste et est catégorisé comme étant un parti d’extrême droite.

Pour rappel, un parti d’extrême droite est caractérisé par trois éléments; comme le rappelait Benjamin Biard, docteur en sciences politiques et chercheur au CRISP à la RTBF en mai dernier: « Le premier, c’est un inégalitarisme de fait ; c’est-à-dire que les individus dans une société ne sont pas égaux. Le deuxième, le parti tend vers un nationalisme assez fort. Enfin le troisième élément, ce sont les moyens radicaux, violents ou antidémocratiques qui tendent vers ce nationalisme. »

Un parti antidémocratique qui se retrouve à défendre la vision de la démocratie telle qu’elle existe en Europe, ça semble contre-intuitif. L’ex-Vlaams Blok qui avait été l’objet d’un procès pour xénophobie en 2004 se retrouve donc, avec son président, à faire partie du pouvoir décisionnel du Conseil de l’Europe.

… mais pas une nouveauté.

Comme le pointe Bernard Demonty dans un article du Soir qui rapporte ces éléments, “cette nomination n’a suscité aucune réaction des autres partis à la Chambre. Si l’on en croit le compte-rendu intégral de la séance, lorsque le président de la Chambre, Patrick Dewael a demandé, conformément à la procédure, s’il n’y avait pas d’objection, aucun député n’en a relevé.”

En même temps, si l’on suit les principes démocratiques, le Vlaams Belang a effectivement droit à un siège au sein de ce parlement. Tout comme Jobbik, parti d’extrême droite hongrois aussi rattaché à des mouvements néo-nazis et qui plaide pour le retour des valeurs chrétiennes, de la famille et de l’autorité en Hongrie, compte deux de ses membres au sein de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe.

Ce n’est, effectivement, pas la première fois que l’extrême droite s’invite au Conseil Européen. Si bien que, lorsque les partis d’extrême droite présents à cette assemblée parlementaire avaient tenté de s’organiser en un groupe politique en mai dernier (ils sont pour l’instant “non affiliés” au sein de l’institution), leur demande avait été rejetée.

Cette nomination est donc une nouvelle qui confirme, si on en doutait encore, le poids du VB au niveau européen et belge. Le choix de Tom Van Grieken, président et facteur de renouvellement de l’image du parti, est loin d’être innocent.

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