Bon ok il existe une orque qui « parle » mais cela cache une triste réalité

C’est la vidéo la plus remarquable de cette semaine: les scientifiques ont réussi à faire parler une orque. Plus précisément, une orque nommé Wikie qui vit dans un aquarium situé à Antibes en France. Elle semble en effet imiter quelques mots mais malheureusement, on semble oublier comment l’animal en est arrivé là. 

« Bonjour », « Au revoir », « un, deux, trois », … Ce sont quelques mots que l’orque Wikie sait imiter. Grâce à cet exploit, l’orque est devenue une star mondiale. Le problème, c’est que tout cela est arrivé pour de mauvaises raisons. Selon les experts de l’Orca Research Trust en Nouvelle-Zélande, l’étude est divertissante mais elle ne protège en rien les droits des animaux. « Je ne voudrais certainement pas mettre mon nom dans cette étude », explique le Dr Ingrid Visser à news.com.au. »

Un parc animalier controversé

Outre le fait que ces recherches sont complètement inutiles, Visser souligne également que les orques vivent dans de mauvaises conditions. Elle a visité la plupart des aquariums et elle arrive toujours à la même conclusion. « Ce parc peut être qualifié de tragique » dit-elle. « Il est ironique de montrer à quel point les orques sont des animaux intelligents alors qu’ils ne les traitent absolument pas comme des créatures intelligentes. Ils ne reconnaissent pas que s’occuper de telles créatures implique de grosses responsabilités. »

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Ce qui n’est pas mentionné dans les vidéos et articles sur l’orque parlant, c’est que l’aquarium où Wikie réside, Marineland Aquarium, a déjà été au coeur de scandales. Il y a trois ans, une orque y est mort après de violentes inondations. Selon Visser, les animaux se comportent étrangement quand ils sont soumis au stress. Et ils sont constamment stressés à cause de leur condition de captivité. « Les orques de Marineland ont des dents en mauvais état. Résultat de la mastication des réservoirs en béton et des portes en acier. J’ai assisté à cela quand je suis allé visiter le parc », raconte-t-elle.

Les orques n’appartiennent pas à un aquarium

Peu importe les circonstances, une orque n’a pas naturellement sa place dans un aquarium. Ces animaux sont très sociables et peuvent parcourir plus de 100km par jour dans l’océan. Ils peuvent plonger jusqu’à 700 mètres de profondeur. Mais au moins 60 de ces créatures sont enfermées dans des aquariums un peu partout dans le monde. Si ces animaux communiquent énormément dans la nature, dans les parcs animaliers on ne leur apprend que le langage humain.

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Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut rejeter ces animaux dans l’océan. Wikie est née en captivité, si elle retourne dans la nature elle ne survivrait pas longtemps. C’est également l’argument que les parcs animaliers utilisent pour défendre leur utilisation des orques. « Ce que nous demandons, c’est que la situation des animaux soit étudiée au cas par cas. Il faudrait une période de transition après laquelle les orques pourraient éventuellement être relâchés dans la nature » explique Ingrid Visser.

Pour l’instant, le parc français va continuer à abriter des orques. Ils pourraient même faire péter le champagne puisque le gouvernement français a rejeté l’interdiction d’élever des dauphins en captivité. L’État de Californie a récemment interdit cette pratique et le célèbre parc Seaworld a promis de ne plus élever d’orque. Preuve que des progrès sont possibles, le documentaire Blackflish n’est pas du tout étranger à cette décision du parc américain. Pour rappel, on découvre dans ce film comment les orques en captivité peuvent devenir violents et effrayés. Cela devrait sans doute arriver en Europe dans les mois ou années à venir.

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