Un candidat, un objet: le premier débat des élections européennes en France a viré au grand n’importe quoi

Un candidat, un objet: le premier débat des élections européennes en France a viré au grand n’importe quoi

12 têtes de liste aux élections européennes françaises se sont retrouvées nez à nez sur le plateau de l’Émission politique de France 2 ce jeudi soir. Ce premier débat digne de ce nom en France a véritablement tourné au grand n’importe quoi avec des candidats prêts à tout pour se faire entendre…et se faire voir. Car l’une des originalités du soir: chaque candidat devait apporter un objet qui représente l’Europe pour eux, comme à l’école. 

Ce jeudi soir, le plateau de l’Émission politique de France 2 s’est transformé en salle de classe. 12 élèves un peu turbulents se sont retrouvés pour débattre de l’Europe, à deux mois des élections européennes. On a donc retrouvé 12 têtes de listes représentant la totalité des familles politiques françaises.

Petite particularité de l’émission: chaque candidat était invité à amener un objet qui représente “leur Europe”. Cette idée de France 2 a provoqué des scènes surréaliste où Florian Philippot (Les Patriotes, ex-Rassemblement National) lâche un discours une baguette à la main.

Exposé comme à l’école

Une image vaut mieux que milles mots. C’est sans doute en partant de ce postulat que France 2 a demandé à ses invités de ramener un objet représentant leur Europe. Une idée plutôt bonne même si on se serait cru à l’école, où chaque élève devait présenter un objet qu’il aime. En tout cas, cela a donné des scènes pour le moins surprenantes.

Tous ont utilisé des symboles plus ou moins puissants pour évoquer leur Europe. Par exemple, Christophe Lagarde de l’UDI et Raphaël Glucksmann, de Place publique ont tout deux ramené des fragments du Mur de Berlin pour rappeler qu’il ne fallait pas réduire à néant ce qui a été créé en Europe juste après la chute du mur. Bonne pioche, donc.

Le candidat du Rassemblement National, Jordan Bardella, a quant à lui ramené une passoire pour symboliser les frontières européennes. Moins subtil mais évocateur. À l’inverse, Benoit Hamon (Génération.s) a ramené son gilet de sauvetage pour représenter l’aide aux migrants mais aussi le soutien de l’Europe pour les banques lors de la crise de 2008.

Frexit

Le débat comptait son lot d’eurosceptiques comme François Asselineau. Il n’y est pas allé par quatre chemins: son objet était des menottes aux couleurs de l’Europe qui s’ouvrent avec une clé aux couleurs du drapeau français. En gros: barrons-nous de là avant qu’il ne soit trop tard. Globalement, c’est ça le message.

Florian Philippot, lui, s’est ramené avec sa baguette de pain au cas où une petite fringale pointerait le bout de son nez. En fait, c’était surtout un moyen d’illustrer la hausse du prix du pain depuis le passage à l’euro en 2002. Du côté de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), on s’attendait à quelque chose du même acabit mais il est finalement resté plutôt sobre avec une maquette d’un avion Airbus. Son but est d’illustrer “l’Europe qui a marché” c’est-à-dire avec moins de pays qu’actuellement.

On ne va pas tous les citer mais au final, ces objets représentaient bien l’idéologie politique de chaque candidat. Si cela a donné lieu à des scènes un peu bizarres, l’idée était bonne même si elle a quelque peu éclipsé le débat.

Que retenir du débat?

Au final, pas grand chose tant ce débat était une cacophonie. Tous les thèmes importants ont été abordés mais pas évident de débattre à 12 quand tout le monde veut avoir le dernier mot ou simplement s’exprimer. Ça crie, ça interrompt, personne ne s’écoute et c’est parfois assez pénible.

Mais globalement, ce qu’on peut retenir, c’est que la majorité des candidats font une critique assez sévère de l’Europe, que ce soit à gauche ou à droite. À droite, du côté du Rassemblement National, on rend hommage à Matteo Salvini et sa gestion des frontières tandis qu’à gauche, on s’en prend aux lobbies: “Le commissaire au climat [l’Espagnol Miguel Arias Cañete] est un ancien magnat d’une compagnie pétrolière, comme si on avait confié à Dracula le camion du don du sang”, a lancé le communiste Ian Brossat. Il rejoint ainsi Manon Aubry (La France Insoumise) qui avait ramené un faux chèque signé par Emmanuel Macron qui représente l’Europe des riches.

Et évidemment, c’est au sujet de la migration et de la gestion des frontières que les débats étaient les plus enflammés, preuve que cette thématique reviendra très régulièrement sur le tapis lors des prochains débats. On a d’un côté les candidats qui veulent un contrôle accru des frontières avec le retour de frontières nationales, tandis que d’autres ont joué sur l’humanisme en insistant sur le fait que le sauvetage et l’accueil des migrants étaient la priorité. Bref, rien de neuf sous le soleil, les camps sont toujours les mêmes et les débats sur l’Europe se rassemblent au fil des ans…

Il y avait à manger sur le plateau: Nathalie Loiseau avait ramené son piment d’Espelette

Le pot de miel de Yannick Jadot

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