Tout comprendre sur l’asbl GIAL: l’affaire qui fait de nouveau du mal à Bruxelles

Tout comprendre sur l’asbl GIAL: l’affaire qui fait de nouveau du mal à Bruxelles

GIAL est l’asbl qui est chargée de gérer le parc informatique de la Ville de Bruxelles. Un audit, révélé par Le Vif, vient épingler sa gestion, notamment pour le non-respect des règles des marchés publics. Manque de transparence, abus de pouvoir, manque de contrôle, enrichissements personnels… tout y est. Bruxelles connait sa nouvelle affaire. Retour sur une asbl qui n’en est pas à son coup d’essai.

Samusocial, Publifin, ISPPC, Siamu et maintenant GIAL. Des affaires toutes différentes, mais qui ont un point commun: elles font grimper la méfiance du citoyen à l’égard du politique. À chaque fois, elles sont la conséquence d’un manque de transparence et de contrôle. Et là où il n’y a pas de chiens de garde, certains tenteront toujours d’en profiter. L’homme est ainsi fait.

Le GIAL, c’est le centre de Gestion Informatique des Administrations Locales. Dépendante de la Ville de Bruxelles, cette asbl en gère le parc informatique. On ne voudrait pas se répéter, mais c’est le PS bruxellois qui en a toujours assuré la présidence depuis 2000: de Carine Vyghen en passant par Freddy Thielemans, Marie-Paule Mathias et Karine Lalieux, échevine responsable, entre autres, de l’Informatique jusqu’en 2012, avant de passer le flambeau à Mohamed Ouriaghli, l’actuel échevin de tutelle.

Comme souvent, leur responsabilité n’est pas directement engagée, mais comme souvent, ils ont laissé faire, signé et approuvé.

1000 euros par jour pendant 18 ans

Un audit, fouillé par Le Vif, épingle la gestion du GIAL entre 2015 et 2016, notamment par rapport au non-respect des règles en matière d’octroi des marchés publics (coucou SIAMU). On y lit un salaire exorbitant. Celui d’un consultant qui aurait été payé 1.000 euros par jour durant 18 ans. Un consultant qui est aussi… directeur de l’asbl. Cette absence de marché public a été appuyée par de révélations similaires de la RTBF.

“C’est de nouveau une affaire qui va ternir l’image de Bruxelles et, puis, surtout, ce n’est pas la première fois qu’il y a des problèmes de gestion au sein de l’asbl GIAL”, fustige Fabian Maingain, chef de groupe DéFI à la Ville de Bruxelles, qui ne pointe pas du doigt son encombrant partenaire à la Région.

Loin d’être une première

Et c’est peu de le dire: le GIAL, c’est une succession d’affaires depuis sa création en 1993. La RTBF en rappelle les plus marquantes. Comme cette fois en 2005 où un commissaire réviseur ne parvient pas à déterminer l’origine d’un déficit de 3,5 millions d’euros, soit 20% du chiffre d’affaires de l’asbl. Ou cette fois où la police de Bruxelles-Ixelles a payé pour des ordinateurs qu’elle n’a jamais reçus, ou cette facture de 400.000 euros utilisée pour la location d’un appartement à Paris.

On continue? Suite à l’éclosion de ces affaires, Freddy Tielemans demande un premier audit externe. Ses résultats seront révélés en février 2006. Pas de surprise: la mauvaise gestion de l’asbl est épinglée, notamment au sein de la société anonyme Fourwin, dont GIAL est le seul actionnaire (coucou Plublifin/Nethys) et qui est destinée à gérer ses activités économiques. Bilan: 2,15 millions de déficit. L’administrateur-délégué et le secrétaire général de l’asbl sont priés d’aller voir ailleurs.

On remarquera un peu plus tard que ces deux dirigeants utilisaient également l’asbl pour commercialiser une application informatique en Belgique et au Luxembourg, le tout en passant par une société française et à leur profit. GIAL leur réclamera plus tard la coquette somme de 7 millions d’euros.

Encore combien d’audits?

Plus récemment en décembre 2016, c’est un membre du personnel qui décide de dénoncer les comportements de l’asbl dans une lettre envoyée aux autorités communales. Des fraudes en série sur les marchés publics y sont mentionnées. Au profit du directeur général de l’époque – en place depuis moins d’un an – et de quelques autres collaborateurs. Quand il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir! La DH révèle que ces fraudes se faisaient au bénéfice de vacances… pardon, de voyages d’affaires (coucou Samusocial).

La Ville de Bruxelles bote quelque peu en touche malgré des accusations “extrêmement graves”, et elle se montre prudente. Via son avocat Marc Uyttendaele, la Ville fait savoir qu’un “audit général sur l’asbl a été prescrit”.

Nous voici donc en février 2018.Un autre audit a été commandé par l’échevin à Mohamed Ouriaghli (PS). La mauvaise gestion de l’asbl y est toujours épinglée. L’avocat de la Ville de Bruxelles est toujours le même. Les mêmes acteurs jouent finalement la même pièce. Mais jusqu’à quand? Pour une asbl comme pour une intercommunale: le citoyen exige désormais la transparence totale. Sinon, les acteurs feront bientôt salle vide.

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