Surprenant, mais la Corée du Nord s’ouvre au monde : l’AFP va ouvrir un bureau là-bas

L’Agence France Presse va ouvrir un bureau permanent à Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord, à partir de cet été. Le pays occupe l’avant-dernière place du classement mondial en terme de liberté de la presse.

La Corée du Nord est l’un des pays les plus flippants au monde. Pas seulement car il est capable d’annoncer avoir fait un test de bombe H sans que l’on en soit certain, mais surtout car on ne sait pas grand chose dessus. Très fermé, avec une communication réduite au stricte minimum, il vient pourtant d’offrir un sacré signe d’ouverture : l’Agence France Presse va installer un bureau permanent à Pyongyang, la capitale nord-coréenne.

Trois ans de négociations

« Nos clients sont très demandeurs d’images en provenance de ce pays », a expliqué Emmanuel Hoog, président de l’AFP. Le bureau ouvrira cet été et va employer un vidéaste et un photographe de l’agence KCNA, l’agence de presse gouvernementale nord-coréenne. Chaque mois, une équipe multimédia de l’AFP sera autorisée à se rendre en Corée du Nord pour dix jours afin d’y prendre des photos et des vidéos, ou pour écrire des articles.

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Trois ans de négociations ont été nécessaires avant de trouver cet accord. Cerise sur le gâteau : l’AFP assure qu’aucune limite ne lui sera imposée par la Corée du Nord. Surprenant alors que le pays occupe l’avant-dernière place du classement de la liberté de la presse, devancé seulement par l’Érythrée. Pour l’instant, trois agences de presse sont présentes en Corée du Nord : l’agence japonaise Kyodo, l’agence chinoise Chine Nouvelle et l’agence américaine AP.

Droit de regard

Il y a un an, une polémique avait d’ailleurs concerné l’agence AP. Selon un ancien de ses journalistes, l’agence avait accordé au pouvoir nord-coréen un droit de regard sur son contenu, histoire de conserver les bonnes grâces de Kim Jong-un. Les Américains avaient nié, mais leur crédibilité en avait pris un coup.

Eric Tamaldge, qui travaille pour AP, était pour l’instant le seul journaliste occidental autorisé à se rendre régulièrement à Pyongyang. Il publie d’ailleurs souvent des photos du pays sur son compte Instagram. Si on en croit ses photos, la vie a l’air plutôt sympa là-bas d’ailleurs. Aram Pan, un photographe de Singapour, publie quant à lui des vidéos de la Corée du Nord, avec l’accord des autorités locales. Sur son site, on retrouve des vidéos prises sous plusieurs angles de multiples lieux.

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Un compte Twitter officiel

Pyongyang possède aussi un compte Twitter officiel (@uriminzok_engl), sur lequel il incendie généralement ses ennemis américains et sud-coréens, en plus de chanter les louanges de son bienfaiteur Kim-Jong un. Mais aucune photo n’est publiée dessus. Un habitant de Corée du Sud vient d’ailleurs d’être condamné à un an de prison avec sursis pour avoir suivi ce compte. Heureusement pour lui la lecture des tweets nord-coréens n’a pas été considérée comme une violation de la loi sud-coréenne de sécurité nationale. Il a échappé à la prison ferme car il n’a pas retweeté de message.

Aucun droit de regard sur ses articles et un visa permettant à ses journalistes de se rendre en Corée du Nord : l’AFP aurait donc gagné le gros lot. On devrait donc en apprendre un peu plus sur ce mystérieux pays, avec des images, des vidéos ou des articles sur la situation réelle sur place. Peut-être auront nous la réponse à cette question que des millions de fêtards se posent : la Corée du Nord a-t-elle réellement réussi à inventer l’alcool garanti sans gueule de bois ?

Sources : Mashable, AFP, 20minutes.fr

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