#Super-Tuesday: mais que veulent les Américains?

#Super-Tuesday: mais que veulent les Américains?

Alors qu’une douzaine d’Etats se sont rendus aux urnes hier pour marquer l’un des moments les plus importants de la course à la maison blanche, les rires virent au jaune. Deux candidats en tête de liste, deux grands gagnants : un milliardaire républicain dont on craint que la blague soit en fait très sérieuse, et une experte des rouages politiques du clan démocrate. Deux fronts, deux visages, deux auras. L’antagonisme des deux victoires montre un pays fâcheusement divisé. 

Un 1er mars pas tout à fait ordinaire pour nos amis outre-atlantique (ni pour nous, à dire vrai). Parmi les 319 millions d’américains résidant aux Etat-unis, cinq républicains et deux démocrates enduraient hier un stress passablement inimaginable pour le commun des mortels. A ce stade des primaires, seuls quatre états avaient voté : l’Iowa, le New Hampshire, la Caroline du Sud et le Nevada, propulsant sur le devant de la scène le milliardaire Donald Trump (républicain), la politique Hillary Clinton (démocrate) et l’idéaliste Bernie Sanders (démocrate).

Mais le Super-Mardi, pivot central du trekking présidentiel, donne une nouvelle idée des résultats du scrutin final. Bien que rien ne soit figé dans le marbre et que tout puisse encore se jouer « après-coup », Hillary Clinton et Donald Trump comptaient bien sur cette étape cruciale pour évincer leurs principaux concurrents et retrouver leur place de leader en lice. Et c’est ce qu’ils ont fait, en sortant victorieux du Super-Tuesday, ce 1er mars 2016.

Pourquoi en faire un big deal ? Parce que 12 états ont voté simultanément. Ces 12 états représentent 595 délégués républicains, soit 35% du nombre total, et 1004 délégués démocrates, soit plus de la moitié du nombre de délégués à élire pour une victoire démocrate. Le scrutin du mardi 1er mars a marqué un tournant décisif pour les vainqueurs.

Les enjeux

L’enjeu était plus grand encore pour la candidate démocrate Hillary Clinton qui avait déjà remporté l’Iowa, le Nevada et la Caroline du Sud, face à Bernie Sanders, adversaire de taille insoupçonné, victorieux dans le du New Hamsphire. A 68 ans, les pieds dans les nœuds politiques depuis l’adolescence, jamais la candidate favorite des démocrates n’aurait cru trouver en l’idéaliste socialiste Bernie Sanders un adversaire de taille. Mais la franchise et l’utopie de son discours semble avoir trouvé écho auprès des jeunes américains qui admirent sa singularité, son bagou et son ouverture d’esprit. De quoi faire trembler le parcours sans faute de la première de classe. Face au succès d’une personnalité singulière, outrancière et décalée, le discours très traditionnel de Hillary Clinton en a pris un fameux coup. Raison de plus pour évincer une bonne fois pour toutes l’utopisme de Sanders et s’affirmer comme unique femme et démocrate candidate à la présidentielle.

Côté Républicain, la course était plus serrée. Certes, Donald Trump s’est imposé comme homme incontournable de ces primaires en ne comptant qu’une défaite dans l’Iowa, mais les jeux étaient loin d’être faits. La candidature du magnat de l’immobilier en juin passé avait tout d’une blague : ambition douteuse, phrases choc, discours sensationnaliste, absence totale de projet politique clair, figure plus récréative que diligente,… Personne n’aurait cru voir celui que l’on surnomme The Donald pour sa vulgarité presque surréaliste, ses ricanements provocateurs, ses punch-lines qui n’en sont pas et son effarante inculture, atteindre le fameux Super Tuesday. La blague devient sérieuse à en faire trembler les habitants du monde entier: « Donald Trump en maitre du monde? Impossible. Si? »

Car, ce n’est un secret pour personne, le Président des Etats-unis n’est pas loin d’assumer la présidence du monde entier.

Les résultats

Et bien si, c’est peut-être possible. C’est du moins ce que sous-entendent les résultats au lendemain de la journée-pivot. La démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump ont eu gain de cause. Deux victoires, un même chiffre : les vainqueurs du super-mardi remportent tous deux sept états. Massachussets, Texas, Arkansas, Tennesse, Alabama, Géorgie et Virginie pour le clan Hillary. Vermont, Arkansas, Tennessee, Alabama, Géorgie, Virginie et Massachusetts pour la meute Trump.

Mais rien n’est joué, et la victoire de Bernie Sanders dans quatre états inquiète toujours sa concurrente. Quant aux coureurs républicains, le sénateur Ted Cruz s’impose dans son état du Texas, en Oklahoma et en Alaska. Marco Rubio gagne le Minnesota et Ben Carson affiche un grand zéro.

Les jeux sont donc toujours serrés, installant une dualité manifeste au sein de la population américaine : figure politique plus prévisible, traditionnelle et aguerrie (Ted Cruz, Hillary Clinton) versus des personnalités excentriques, décalées, surprenantes et non-conformistes (Donald Trump, Bernie Sanders).

Au peuple américain de décider ce qu’il souhaite pour son pays. Surprise.

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