Scandale dans le tennis: des matches truqués par les meilleurs joueurs, même dans les tournois du Grand Chelem

Une vaste affaire de matches truqués dans le tennis de haut niveau est révélée par la BBC. Le monde de la petite balle jaune serait gangréné par les paris suspects. Certains des meilleurs joueurs mondiaux et les plus grands tournois seraient concernés.

C’est une nouvelle claque pour le sport de haut niveau. Après le scandale visant les fédérations internationales dans le football et l’athlétisme, c’est au tour du tennis de se retrouver dans l’œil du cyclone. Une enquête de la BBC met un jour un vaste système de paris truqués dans les hautes sphères de la petite balle jaune depuis plusieurs années.

Des groupes de parieurs en Italie, en Russie et en France

Les chiffres font peur. Plus de 70 joueurs parmi les meilleurs au monde seraient concernés, trois matches auraient été arrangés à Wimbledon, le temple du tennis. Plus fort encore : 16 joueurs ont été signalés au comité d’éthique pour des matches truqués, dont des vainqueurs de Grand Chelem. Aucun n’a été inquiété et tout ce petit monde continuerait de gérer ce business. Huit joueurs seraient même inscrits à l’Open d’Australie, premier Grand Chelem de cette saison 2016.

Des groupes de parieurs basés en Italie, en Russie et en France seraient à la tête de cette affaire. Le principe est plutôt simple : les joueurs seraient approchés dans leur hôtel sur les lieux des tournois et se verraient offrir une somme pour perdre le match, même s’ils sont parfois annoncés comme favoris. En parallèle les parieurs misent sur la victoire de l’autre joueur et tout le monde est content et repart avec son chèque à la fin.

Djokovic a été approche

Novak Djokovic, qui règne sur le tennis mondial depuis plusieurs mois, a ainsi avoué avoir été approche pour perdre un match. C’était en 2007 et le Serbe n’écrasait pas encore le circuit, mais sa révélation confirme que la pratique est ancienne. « J’ai été approché indirectement, par l’intermédiaire de gens qui travaillaient avec moi à l’époque. Évidemment, nous avons immédiatement dit non. La personne qui essayait de me contacter n’est même pas arrivée jusqu’à moi », a affirmé « Djoko ».

EPA

L’ATP se défend

Le problème est que l’ATP, l’instance mondiale qui gère le tennis, aurait été mise au courant de ces pratiques mais aurait fermé les yeux, sans lancer d’enquête pour en savoir plus. « Les autorités du tennis rejettent toute allégation selon laquelle des preuves de trucage de matches auraient été cachées ou ne feraient pas l’objet d’une enquête approfondie », a commenté Chris Kermode, le président de l’ATP, lors de l’Open d’Australie. « Notre approche, c’est la tolérance zéro envers toute forme de corruption. Nous ne sommes pas complaisants, nous sommes vigilants. »

Depuis 2009, l’ATP a instauré des règles anticorruption pour lutter contre ce fléau. Six suspensions à vie ont été prononcées pour des histoires de matches arrangés, mais elles ne concernaient que des joueurs de faible niveau. « Il nous faut des preuves et non des soupçons ou des ouï-dire », a ajouté Chris Kermode, pas convaincu par les révélations de la BBC, qui n’a dévoilé aucun nom de joueur pour l’instant. Le scandale ne fait peut-être que commencer.
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