Rosanne Mathot, journaliste harcelée pour avoir rappelé les faits judiciaires concernant Stéphane Pauwels

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Rosanne Mathot, journaliste au Vif, a écrit un article à propos de Stéphane Pauwels, ce qui n’a pas plu à l’ex-présentateur. Résultat: un harcèlement sexiste que subit la journaliste de la part des followers de ce dernier.

Rosanne Mathot est journaliste au Vif. Rosanne Mathot fait son travail, comme tous les jours, en rappelant des faits et en rebondissant sur l’actualité. Sauf que ce 2 juillet dernier, Rosanne Mathot a décidé d’écrire un article à propos de la future intervention de Stéphane Pauwels lors de la fête nationale belge de Trèbes, petite ville française située à quelques kilomètres de Carcassonne.

Elle a d’ailleurs rappelé un fait connu et admis de tous: Stéphane Pauwels, ex-présentateur belge, est impliqué dans une histoire de home-jacking, “concernant 26 agressions violentes commises, entre 2015 et 2017, dans le Brabant wallon et le Hainaut.” Elle a aussi noté dans son article que “l’animateur clame son innocence et la chambre des mises en accusation de Mons vient de décider de rouvrir les débats le 17 septembre prochain.”

Rosanne Mathot a donc rappelé des faits. Rien de faux, aucune attaque, elle a juste fait son travail. Peut-être un brin d’humour dans l’intro. Sauf que Stéphane Pauwels n’a pas semblé apprécier qu’on rappelle ses troubles avec la justice sur le site du Vif.

Un article “volontairement réducteur”

Ce qu’il a encore moins apprécié, c’est le fait que cette fête nationale soit annulée, selon ses dires, à cause de cet article “volontairement réducteur” de la part de la journaliste. Il en a d’ailleurs profité pour étaler sa pensée sur Twitter, où il est suivi par près de 85.000 personnes.

Dans ses tweets, Stéphane Pauwels accuse Rosanne Mathot de vouloir “faire du clic sur son dos” et de ne pas avoir mis à l’honneur la “présomption d’innocence”. Même s’il ne dit pas textuellement à ses fans d’aller l’insulter, il implique avec ses critiques une certaine véhémence. Véhémence transmise à ses followers qui ont décidé, tout bonnement et simplement, d’harceler une journaliste qui, en quelques signes, une nouvelle fois, n’avait fait que son travail.

Des injures sexistes pour la plupart, allant de “mal baisée” à “salope”, et qui sont punissables par la loi. C’est d’ailleurs un rappel qu’a fait l’Association des Journalistes Professionnels dans un tweet de soutien à la journaliste qui roule sa bosse dans le milieu depuis 1998.

Nous sommes en juillet 2019, #MeToo et la Ligue du Lol sont passés, et pourtant, une femme journaliste qui ne fait que son métier peut encore et toujours être harcelée en retour.

Stéphane Pauwels a, lui, déclaré qu’il ne “cautionnait pas les comportements méchants”. Il n’est pas allé jusqu’à les condamner. Il a également demandé à ce que cela cesse.

Il a pourtant retweeté certaines de ces insultes, comme on peut le voir sur certaines des captures d’écran ci-dessous:

“Nullissime, médiocre, imbécile, ignorance totale”, “journaliste de seconde zone”, “elle se ferait botter le cul”, “aigreur”, “pauvrette”. Des insultes pas cautionnées, mais retweetées.

Le soutien pour Rosanne Mathot est aussi là, et plusieurs journalistes et soutiens ont exprimé leur consternation devant cette affaire de harcèlement qui mêle lassitude et énervement face à un tel acharnement.

On espère être restés assez factuels aux yeux de Stéphane Pauwels avec cet article, mais rien n’est moins sûr.

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