Prime aux kots étudiants: c’est quoi ce foutoir?

Prime aux kots étudiants: c’est quoi ce foutoir?

La majorité MR-cdH a décidé de donner un coup de pouce aux étudiants qui habitent loin de leur université ou de leur école supérieure. Jusqu’à 1000 euros par an, destinés à la location d’un kot. Problème: les critères choisis excluent les Bruxellois ou ceux qui sont inscrits dans un établissement de la capitale. La Fédération Wallonie-Bruxelles accuse maintenant la Région wallonne d’avoir pris une mesure électorale. On t’explique tout.

Quand le régionalisme wallon se prend les pieds dans le tapis. La majorité MR-cdH a proposé une “prime kot” pour les étudiants dont le domicile se situe loin d’un établissement du supérieur. Pas négligeable, elle offre jusqu’à 1000 euros par an et par étudiant pour la location d’un kot.

Les étudiants doivent remplir plusieurs critères: il faut que leur lieu d’étude soit en Wallonie et qu’ils aient plus d’une heure en voiture entre leur domicilie et l’établissement scolaire.

Discriminatoire?

Cela pose un double problème. D’abord, s’agissant d’une proposition de la Région wallonne, elle exclut de facto les étudiants bruxellois. Car si l’Enseignement est une compétence communautaire (Fédération Wallonie-Bruxelles), le Logement est une compétence régionale. Or, la proposition s’inscrit dans cette deuxième compétence. Enfin, les Wallons qui auraient choisi un établissement bruxellois se voient aussi exclus de la prime.

Un autre point est soulevé par le président de la Fédération des étudiants francophones, Maxime Michiels. La prime serait octroyée sans distinction. Du coup, la situation financière des familles n’est pas prise en compte: “Un kot coûte la même chose pour tout le monde, tant les étudiants ne sont pas tous égaux face au coût de ce kot.”

La ministre wallonne du Logement, Valérie De Bue (MR) se défend sur les antennes de La Première: les critères ont été choisis de manière optimale. Si on avait tenu compte des revenus des parents et des trajets en transport en commun, “on serait arrivé à des situations ubuesques”. Elle regrette aussi l’éclatement des compétences du système institutionnel belge, mais “Moi, je suis ministre wallonne, et je n’ai pas la compétence de légiférer pour des mesures qui ne concernent pas le territoire wallon”.

Bisbrouille entre francophones

Du coup ne fallait-il pas prendre cette mesure au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles? On apprend en fait que ni la Fédération, ni la Région bruxelloise n’ont été consultées. Le gouvernement MR-cdH est accusé d’avoir pris une mesure mal préparée, mal ficelée, “une mesure électoraliste” à quelques mois des élections.

L’ancienne communauté française fulmine, notamment via le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS). La Région bruxelloise menace une procédure en conflit d’intérêts. La Région a du coup promis de corriger le tir et de se concerter. Détail “amusant”, le cdH est présent aux trois échelons de pouvoir, tant en Région wallonne que Bruxelloise ou la Fédération Wallonie-Bruxelles. On ne sait donc pas communiquer au sein d’un même parti.

En ressort une mesure discriminatoire qui met à mal la solidarité francophone. Ou quand notre système institutionnel se tire une balle dans le pied. Un problème bien belge, sauf que cette fois on le doit uniquement aux francophones.

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