Opposée à la déchéance de la nationalité pour les terroristes binationaux, la ministre française de la Justice démissionne

Opposée à la déchéance de la nationalité pour les terroristes binationaux, la ministre française de la Justice démissionne

Christiane Taubira n’est plus la ministre de la Justice française. L’Élysée a annoncé la démission de la Garde des Sceaux ce mercredi. Opposée au projet de loi sur la déchéance de la nationalité française aux binationaux condamnés pour crime terroriste, Christiane Taubira a préféré quitter le gouvernement.

Christiane Taubira aura tenu quatre ans. Nommée par François Hollande dès le début de son mandat en 2012, la ministre de la Justice a démissionné ce mercredi de son poste. En agissant de la sorte, elle va au bout de ses idées. Elle s’était toujours opposée au projet de loi concernant la déchéance de la nationalité française aux binationaux nés sur le sol français et condamnés pour crimes terroristes.

Le timing est bien choisi : c’est ce mercredi que Manuel Valls doit défendre devant la commission des lois de l’Assemblée Nationale la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande après les attentats de novembre. Le premier ministre va demander que cette fameuse déchéance de nationalité soit inscrite dans la Constitution française. À l’image de Christiane Taubira, plusieurs voix se sont élevées à gauche pour protester contre ce qui est considéré comme une atteinte aux droits fondamentaux des personnes nées sur le sol français.

Le mariage pour tous adopté

” Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit “, a écrit sur Twitter Christiane Taubira. Son message ne laisse pas vraiment la place au doute quant aux raisons de son départ. ” Fière. La Justice a gagné en solidité et en vitalité. Comme celles et ceux qui s’y dévouent chaque jour, je la rêve invaincue”, ajoute-t-elle. Son principal fait d’armes restera l’adoption au Parlement de la loi autorisant le mariage homosexuel. La mesure lui avait valu de devenir la principale cible de la droite.

Son départ a provoqué des réactions mitigées. Certains à gauche ont félicité son travail, comme Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture.

D’autres, surtout à droite, ont applaudi son départ des deux mains. C’est le cas de Florian Philippot, vice-président du FN.

Un remplaçant nommé

Jean-Jacques Urvoas (56 ans), actuel président de la commission des lois à l’Assemblée nationale, a été nommé à la tête du ministère de la Justice pour la remplacer. Il devra porter avec le premier ministre Manuel Valls ” la révision constitutionnelle et préparera le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale “, fait savoir l’Élysée dans son communiqué.

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