“On a gagné!” : quand l’avocat des parents de Vincent Lambert célèbre la reprise de traitements comme un match de foot

“On a gagné!” : quand l’avocat des parents de Vincent Lambert célèbre la reprise de traitements comme un match de foot

Vincent Lambert doit être le patient le plus célèbre de France. Il est tétraplégique et dans un état végétatif depuis 2008. Depuis cette date, il vit sous assistance. Débranché lundi, la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise du traitement de Vincent Lambert contre toutes attentes. Ce qui a donné lieu à des scènes de liesse chez les avocats et la droite catholique. 

Voilà une scène qui nous parait venir d’un autre temps. Faut dire qu’en Belgique, l’euthanasie, encadrée, est autorisée depuis 2002, soit 17 ans. En France, seule l’euthanasie passive est possible. Elle résulte de la décision du médecin d’arrêter le traitement administré au patient le maintenant en vie, “l’obstination déraisonnable” du corps médical et “la prolongation artificielle de la vie” étant proscrites par la loi. Une loi qui date de 2016.

En principe donc, suite à la demande de sa femme, Rachel Lambert, sa tutrice légale, l’interruption de traitements aurait dû être confirmée par la cour d’appel de Paris. Mais Vincent Lambert restera encore en vie artificiellement à la demande de ses parents. La cour a ordonné la reprise des traitements jusqu’à ce que le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU se prononce sur le fond du dossier.

Cette “victoire” des parents de Vincent Lambert contre sa femme a donné lieu à des scènes de liesse à proximité du procès. Porté en triomphe, l’avocat des parents du patien a étét acclamés par une foule majoritairement catholique qui s’oppose à l’euthanasie sous toutes ses formes.

“Remontada”

“On a gagné! On a gagné!”… la France semble avoir gagné une nouvelle finale de Coupe du Monde. Les avocats parlent même de “remontada”. Le choix des mots. Le maintien en vie de Vincent Lambert divise l’opinion. Il est devenu un symbole et la preuve que la droite catholique n’est pas morte en France, comme on a pu le remarquer à plusieurs reprises lors de manifestations contre le mariage pour tous. “Des intégristes” peut-on lire chez leurs opposants.

La loi Leonetti de 2016 semble elle “mal faite”, observe Christophe Barbier pour BFMTV, “car elle est incapable de trancher entre deux émotions, deux convictions légitimes: celle des parents d’un côté et celle de l’épouse de l’autre (…). On bascule alors dans l’irrationnel.”

En fait, la loi est imprécise et laisse place à l’interprétation. Car elle indique que les traitements déraisonnables “peuvent” être suspendus. La justice française doit aussi s’accorder sur l’autorité qui fait loi. Quand le comité de l’ONU demande une reprise de traitement, la Cour européenne des droits de l’homme avait au contraire rejeté le recours des parents. La justice française doit trancher.

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