Left Right
scrollTop top

Clouée au sol depuis 6 mois, la fusée Starship de SpaceX va bientôt reprendre du service pour un premier vol orbital


© Elon Musk et « sa » fusée Starship. (AP Photo/Susan Walsh, SpaceX/UPI/Shutterstock)

Alors que Starship était sur une cadence d’environ un vol d’essai par mois, elle n’a plus bougé des locaux de SpaceX depuis début mai. Ce mercredi, Elon Musk a dévoilé ce qui attendait sa fusée. C’est du sérieux… et c’est pour très bientôt.

Entre décembre 2020 et mars 2021, SpaceX avait effectué quatre vols d’essai à haute altitude avec Starship. Il s’étaient chacun soldés par un échec: une explosion au moment de l’atterrissage. En mai, l’entreprise d’Elon Musk avait enfin réussi son coup. Le prototype SN15 avait atteint une altitude de 10 km, avant de réaliser un vol stationnaire puis de se poser avec brio à la verticale.

Depuis lors, aucun prototype de Starship n’a décollé. Et pour cause, SpaceX travaille d’arrache-pied pour pouvoir lui faire réaliser son premier vol orbital. Un défi qui nécessite l’assemblage du propulseur Super Heavy, constituant le premier étage de l’appareil. L’ensemble mesurera 120 mètres de long et disposera de 35 moteurs Raptor (29 sur Super Heavy, 6 sur Starship). La fusée sera ainsi dotée d’une capacité de poussée au décollage de 72 méganewtons. Du jamais vu. A titre de comparaison, la fusée Saturn V, que la NASA avait utilisée dans le cadre de son programme lunaire Apollo entre 1967 et 1973, avait une puissance de 34 MN.

Musk mise sur janvier 2022

Ce mercredi, à l’occasion d’une réunion conjointe du Conseil des études spatiales et du Conseil de la physique et de l’astronomie des Académies nationales des sciences, Elon Musk a dévoilé le calendrier de SpaceX. « Nous sommes proches de notre premier lancement orbital », a-t-il assuré.

Le patron de SpaceX a dit miser sur « janvier 2022, ou peut-être février ». Soit dans deux ou trois mois. L’autorisation du régulateur fédéral américain de l’aviation civile (FAA) est attendue « autour de la fin de l’année », a précisé Elon Musk. « Nous aurons terminé le pas de tir et la tour de lancement ce mois-ci, puis nous ferons une série de vérifications en décembre ».

Ce premier vol d’essai orbital se déroulera bien sûr sans équipage. Starship décollera de la base texane de Boca Chica et se détachera de Super Heavy (lequel reviendra se poser dans l’eau) environ trois minutes après le lancement, avant de se mettre en orbite pour la première fois. Peu de temps après, la fusée se posera dans les eaux près de Hawaï.

Par la suite, SpaceX tentera de faire atterrir le vaisseau spatial à la verticale sur la terre ferme afin qu’il puisse être remis en état pour un autre vol. Etant donné que, rappelons-le, un des principaux objectifs est de faire de Starship une fusée réutilisable. Elon Musk espère lancer une dizaine de de lancement en 2022.

« Nous aurons besoin d’environ 1000 vaisseaux »

Lors de son intervention (qui a duré environ une heure et qui peut être regardée sur YouTube), Elon Musk a également expliqué que la puissance impressionnante de Starship lui permettra de transporter des charges utiles beaucoup plus lourdes que les fusées actuelles. Le fondateur de SpaceX estime que Starship sera opérationnelle pour transporter des chargements hors du cadre de tests « en 2023 ».

Selon lui, Starship permettra d’ouvrir une nouvelle catégorie de missions scientifiques. La fusée doit en effet permettre de rejoindre régulièrement la Lune et Mars, voire éventuellement d’autres endroits de notre système solaire. C’est notamment cet appareil qui a été choisi par la NASA pour devenir l’alunisseur utilisé dans le cadre de son programme Artémis, qui doit faire retourner des astronautes américains sur la Lune d’ici 2025.

Mais Elon Musk voit bien plus loin que cette mission. Il a déclaré « chercher à développer avec Starship un moyen de transport généralisé pour de grandes quantités de masses ou de gens […] n’importe où dans le système solaire ». « Je pense qu’il est extrêmement important que nous essayions de devenir une espèce multi-planétaire dès que possible », a-t-il expliqué. Car « au bout du compte, […] la Terre deviendra inhabitable ».

Pour que l’espèce humaine puisse devenir multi-planétaire, Elon Musk juge qu’elle aura besoin de « 1000 vaisseaux ou quelque chose comme ça ». Ce qui ne devrait pas poser de problème à SpaceX, qui a déjà mis sur pied une usine pour produire des exemplaires de Starship à grande échelle.

Lire aussi:


Ces articles pourraient aussi vous intéresser…