Maggie De Block veut harmoniser les statuts des travailleurs: qu’est-ce que ça signifie?

Maggie De Block veut harmoniser les statuts des travailleurs: qu’est-ce que ça signifie?

La campagne bat son plein et chacun vient avec ses nouvelles propositions. Maggie De Block (Open VLD) veut réduire les charges sur le travail et harmoniser les statuts d’indépendant, de salarié et de fonctionnaire. Explications.

“Je préfère travailler, mais vous ne pouvez pas vous faire élire si vous ne menez pas campagne. Je n’ai donc pas le choix. J’aime participer à des débats, mais je ne vais pas me promener sur les marchés. Je préfère aussi éviter les affiches et les flyers”. Par ses déclarations à l’Echo, Maggie De Block le sait mieux que quiconque: pour réaliser son excellent score de 2014 (131.713 voix de préférence), il va falloir mettre les bouchées doubles.

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, en sérieuse perte de vitesse dans les sondages de popularité, arrive donc avec une proposition forte. Sa volonté de modifier, d’adapter la Sécurité sociale qui fête son 75e anniversaire cette année: “She’s an old lady and she needs to be repainted”*, estime celle qui a repris également le portefeuille de Theo Francken après le départ de la N-VA du gouvernement, celui de l’Asile et de la Migration.

La libérale flamande veut harmoniser le statut des travailleurs. Plus aucune différence entre les salariés, les indépendants et les fonctionnaires. En gros, la ministre veut mettre fin aux discriminations pour que tout le monde ait les mêmes droits en termes de pension, d’allocations de chômage ou de maladie. “Aujourd’hui, de plus en plus de personnes changent plusieurs fois de statut pendant leur carrière. Et ils sont pénalisés, car ceux qui mettent par exemple fin à leur carrière de fonctionnaire doivent sacrifier leur pension élevée. C’est pourquoi nous devons harmoniser tous ces statuts”, explique la ministre, toujours à l’Echo.

Le cappuccino de Maggie

Mais qui dit sécurité sociale, dit aussi financement. Les évolutions démographiques nous obligent à repenser notre modèle. Maggie De Block a son idée: celle du cappuccino. En clair, elle veut mettre en place une assurance de base (le café) pour tout le monde dans laquelle on retrouve le revenu d’intégration, les dépenses de santé et les allocations familiales. Sauf que plutôt que d’être portés à la charge de la Sécurité sociale, les coûts seraient alimentés grâce à des impôts ordinaires.

S’y ajoute une couche d’assurances complémentaires (la mousse de lait), comme la pension complémentaire de l’employeur et les assurances individuelles. Résultat: il sera possible de réduire les cotisations, car elles ne seront plus uniquement financées par les employés et les employeurs. De 33% à 25%, les cotisations pourraient passer à 20% du salaire brut. Pas négligeable.

Reste à déterminer ces “impôts ordinaires” qui doivent compenser la baisse des cotisations. Maggie De Block ne veut pas de nouveaux impôts et elle estime, elle n’est pas la seule, que des économies sur le budget de la Santé ne peuvent plus être faites. Sa solution: mettre davantage de personnes à l’emploi et réformer la Sécurité sociale, étape par étape, “un travail pour plusieurs législatures”.

*”C’est une vieille dame et elle a besoin d’un ravalement de façade”

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