Les Brexiteers l’ont mauvaise: les nouveaux passeports britanniques seront fabriqués… en Europe

Les Brexiteers l’ont mauvaise: les nouveaux passeports britanniques seront fabriqués… en Europe

Sacrebleu, voilà une nouvelle renversante pour les sujets de Sa Majesté ayant lutté pour que le Royaume-Uni quitte l’Europe. Les nouveaux passeports britanniques seront manufacturés par une société franco-néerlandaise. Damn’! Bon, au moins, ils ne seront plus rouge bordeaux mais bleus.

Le Brexit se voulait une mesure protectionniste pour défendre les intérêts de la Grande-Bretagne. En coupant les ponts avec l’Europe, la « Perfide Albion » aurait renforcé son économie intérieure et favorisé l’émergence d’une dynamique nouvelle chez ses entreprises insulaires. Ça, c’est ce que pensait les partisans du Brexit avant que celui-ci ne s’enclenche.

Mais cette scission avec l’Europe n’apportent pas les résultats escomptés. L’économie intérieure ne bénéficie pas tant que ça des nouvelles mesures protectionnistes et le meilleur symbole de ce « fail » politique est peut-être la dernière polémique autour des nouveaux passeports britanniques: ces derniers seront fabriqués en France.

Restaurer l’identité nationale

Depuis 1988, les Britanniques utilisaient un passeport bordeaux. En décembre 2017, le ministre de l’Immigration Brandon Lewis avait annoncé que « la couverture du passeport britannique reviendrait au bleu dès que le Royaume-Uni aura quitté l’Union européenne. »

L’idée était de restaurer ‘l’identité nationale et forger une nouvelle voie pour [les Britanniques] dans le monde », déclarait le ministre. Le bleu était « un retour à l’apparence originale du passeport britannique, avec la couleur utilisée pour la première fois en 1921 ». Sauf que, mauvaise nouvelle, c’est la firme franco-hollandaise Gemalto qui a remporté le contrat de 490 millions de livres sterling, environ 562 millions d’euros, coupant l’herbe sous le pied du fournisseur britannique De La Rue, nous apprend la BBC.

Fabriqué à l’étranger

Le secrétaire à la Culture, Matthew Hancock, a déclaré qu’une décision finale n’avait pas encore été prise. Tout n’est donc pas encore joué. Mais au ministère de l’Intérieur, on ne voit pas pourquoi les passeports devaient forcément être fabriqués au Royaume-Uni, certaines couvertures étant déjà réalisées à l’étranger.

Martin Sutherland, directeur de l’usine De la Rue, a déploré ce choix à la BBC: « Au cours des derniers mois, nous avons entendu des ministres heureux de parler du nouveau passeport bleu et du fait qu’il était une icône de l’identité britannique. Mais maintenant cette icône de l’identité britannique va être fabriquée en France. »

Avant d’ajouter: « Je voudrais demander à [la Première ministre] Theresa May ou à [la secrétaire d’État] Amber Rudd de venir à mon usine et d’expliquer à notre main-d’œuvre dévouée pourquoi c’est une décision judicieuse de délocaliser la fabrication d’une icône britannique ». L’usine De La Rue emploie actuellement 600 personnes.

Nouveau vs ancien

uk gov

Une « farce »

Le libéral-démocrate et héraut du Brexit Tom Brake, s’est emporté au micro de la BBC: « La saga du passeport bleu est en train de devenir une farce: il a été établi que nous n’avions pas à quitter l’UE pour obtenir des passeports bleus. Maintenant, on apprend qu’ils seront fabriqués par une société étrangère. (…) Et pour ajouter l’insulte à la blessure, nous leur paierons un prix exceptionnellement élevés parce que la valeur de la livre est tombée depuis le Brexit et qu’ils devront être importés. »

Il faut savoir que ce marché du passeport est assez important puisque le Home Office, le ministère de l’Intérieur britannique, délivre plus de six millions de passeports par an. Il est également le seul fournisseur de passeports pour les citoyens britanniques vivant partout dans le monde. Pour les détenteurs d’un ancien passeport, pas d’inquiétude. Ils pourront continuer d’utiliser leur bon vieux passeport bordeaux jusqu’à l’expiration de ce dernier.

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