L’Équateur ne veut pas avoir l’air de supporter Trump: Quito avoue avoir restreint internet à Julian Assange

L’Équateur ne veut pas avoir l’air de supporter Trump: Quito avoue avoir restreint internet à Julian Assange

Ce n’est finalement pas la faute aux États-Unis mais à l’Équateur. Le ministère équatorien des Affaires étrangères vient de sortir un communiqué qui dément toutes les rumeurs. Dedans, il avoue que son gouvernement a volontairement restreint l’accès internet à Julian Assange. Pourquoi? Parce qu’il ne cesse de divulguer des mails privés qui jettent un scandale sur Hillary Clinton. Et Quito ne veut pas interférer dans le processus électoral des États-Unis, encore moins avoir l’air de soutenir Donald Trump.

“L’Équateur, dans l’exercice de sa souveraineté, a restreint temporairement l’accès à une partie de son système de communications dans son ambassade au Royaume-Uni”. Ce sont les mots du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué sorti ce matin.

Hier, WikiLeaks accusait dans deux tweets le secrétaire d’État américain, John Kerry, d’avoir demandé à l’Équateur de couper la connexion internet de Julian Assange. Les États-Unis ont nié en bloc. Aujourd’hui, Quito dément aussi les accusations faites sur Kerry. Son gouvernement avoue être lui-même responsable de l’affaire.

Voici les véritables raisons

Ce n’est pas à cause des pressions extérieures, non. La mesure a été prise de son plein gré pour ne pas interférer dans le processus électoral des États-Unis.

Pour rappel, le fondateur de WikiLeaks a annoncé avoir hacké la messagerie privée du directeur de campagne d’Hillary Clinton, John Podesta. Selon des sources proches de WikiLeaks et du parti démocrate américain, il aurait 40 à 50.000 mails privés en sa possession. Il en a déjà publié certains et en sortira d’autres au compte-gouttes… jusqu’au jour J de l’élection présidentielle, le 8 novembre prochain.

Samedi dernier, WikiLeaks (ou plutôt Assange) a ainsi révélé que trois discours donnés par l’ancienne secrétaire d’État devant les banquiers de Wall Street ont été grassement payés par la banque Goldman Sachs. Cela confirme ses liens étroits avec Wall Street et montre une Clinton beaucoup plus à droite que la Clinton qui est candidate à la présidence.

Bref, l’Équateur ne veut pas être mêlé aux histoires de WikiLeaks

Dans le communiqué, le ministre des affaires étrangères équatorien précise que “la décision de révéler ce type d’information est de la responsabilité exclusive de WikiLeaks”. Et il ajoute: “le gouvernement équatorien respecte le principe de non-intervention dans les affaires d’autres pays, ne s’immisce pas dans les processus électoraux en cours, ni ne soutient un candidat en particulier”.

De son côté, Clinton ne conteste pas l’authenticité des documents. Soutenue par la Maison Blanche, elle continue d’accuser le gouvernement russe d’avoir participé à cette nouvelle fuite. Pour elle, ce n’est ni plus ni moins que de la “propagande russe pour aider Trump”.

Mais bon, qu’elle se rassure, l’attention des Américains reste pour l’instant braquée sur les propos sexistes de son rival excentrique Donald Trump.

L’Equateur ne retire pas le droit d’asile à Assange

Pour Quito, la décision de restreindre la connexion d’Assange n’empêche pas WikiLeaks de poursuivre ses investigations journalistiques. Le ministre réaffirme également son intention d’accorder l’asile à Assange.

Depuis 2012, Assange se cache dans l’ambassade d’Équateur à Londres. Celle-ci lui a accordé l’asile parce que l’Angleterre voulait l’extrader vers la Suède où il doit répondre d’une accusation de viol sur une Suédoise en 2010.

S’il y va, la Suède pourrait ensuite l’extrader vers les États-Unis où il y serait également jugé. Son crime? Avoir mis en lumière les sinistres réalités cachées des guerres d’Irak et d’Afghanistan ainsi que la manière dont la Maison-Blanche les a gérées.

Source: Le Monde

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