L’effet du fiasco Brexit? Le parti travailliste déjoue les sondages et s’impose aux Pays-Bas lors des élections européennes 

L’effet du fiasco Brexit? Le parti travailliste déjoue les sondages et s’impose aux Pays-Bas lors des élections européennes 

Les Hollandais sont parvenus à déjouer les sondages lors des élections européennes qui se sont tenues ce jeudi chez nos voisins. Contre toute attente, c’est le parti travailliste de Frans Timmermans qui en ressort vainqueur, les Hollandais semblant être effrayé par un éventuel « Nexit ».

Ce jeudi, les Pays-Bas étaient, avec le Royaume-Uni, les premiers à se rendre aux urnes pour les élections européennes. Et pour un premier scrutin, on a déjà droit à une petite surprise. En effet, le parti travailliste (PVDA, social-démocrate) de Frans Timmermans, l’actuel vice-président de la Commission européenne, a déjoué tous les sondages et est arrivé en tête avec 18,1% des voix. En doublant son précédent score, le parti remporte ainsi 5 des 26 sièges du Parlement attribués aux Pays-Bas.

Le parti travailliste devance ainsi le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du premier ministre, Mark Rutte. Ce dernier signe également une victoire, passant de 2 à 3 sièges et battant le Forum pour la démocratie (FvD), le parti europhobe et anti-immigrés du juriste Thierry Baudet. Malgré tout, ce dernier remporte 3 sièges grâce à son joli score de 12%.

Le cas du Brexit a effrayé

Cette petite déconvenue du parti europhobe reflète sans doute la peur d’un « Nexit » suite au fiasco du Brexit. On peut parler de défaite car Thierry Baudet espérait continuer sur sa lancée après sa percée lors des dernières élections sénatoriales et provinciales. Il espérait donc devenir le premier parti du pays à l’Europe, ce n’est finalement pas le cas, battu à plate couture par les socialistes.

L’extrême droite a d’ailleurs du plomb dans l’aile chez nos voisins puisque le Parti pour la liberté du populiste Geert Wilders ne récupère qu’un seul siège sur les 4 qu’ils disposait auparavant. Il faut dire que le parti de Thierry Baudet a attiré tous les électeurs de ce parti d’extrême droite. Marine Le Pen retrouvera ainsi un allié déforcé à l’Europe.

Stratégie inefficace

La stratégie de Thierry Baudet n’a donc pas fonctionné comme il le souhaitait. La tactique était simple: tout jouer sur la promesse d’un référendum comme au Royaume-Uni et torpiller ses adversaires sur leur politique migratoire. D’ailleurs, les débats entre Mark Rutte et Thierry Baudet ont offert du spectacle aux électeurs durant la campagne. Même si celle-ci est restée plutôt calme avant la dernière ligne droite.

Rutte avait décidé de jouer sur les connivences de Baudet avec la Russie. Il lui reprochait d’avoir défendu Vladimir Poutine pendant l’annexion de la Crimée et l’accusait de minimiser les responsabilités russes dans l’affaire du vol MH17, abattu en 2014 à coup de missiles sur le territoire ukrainien. Baudet de son côté critiquait son homologue sur sa politique migratoire, lui reprochant de s’en prendre à l’Italie et à la Hongrie sur leur gestion des frontières pendant la crise migratoire.

Mais finalement, c’est bien la peur d’un Nexit qui a fait la différence. Il faut dire que le cas britannique n’est pas vraiment encourageant et cet échec de Theresa May pourrait guider les tendances des élections un peu partout en Europe. Les électeurs l’ont bien montré en plébiscitant Frans Timmermans, un européiste convaincu. À voir si ce scénario se répétera dans les autres pays d’Europe, à commencer par la Belgique, c’est en tout cas ce qu’attend l’actuel vice-président de la Commission qui espère que la famille socialiste s’agrandira à Bruxelles et Strasbourg.

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