Le plus difficile commence pour le gouvernement Michel: convaincre avec son budget. Et ce n’est pas gagné

Le plus difficile commence pour le gouvernement Michel: convaincre avec son budget. Et ce n’est pas gagné

Enfin! Un accord pour le budget a été annoncé dans la nuit. Pas peu fier d’avoir su mener à bien ses négociations, Charles Michel s’est présenté devant la presse pour présenter les contours de cet accord qui avaient déjà bien fuité dans les médias. Mais le plus difficile va désormais être de convaincre les sceptiques et l’opposition, qui élèvent déjà la voix pour dénoncer cet accord.

“Ce qui rassemble cette majorité est plus fort que ce qui la divise”: c’est par cette phrase que Charles Michel a commencé sa conférence de presse ce samedi. C’est donc cette union des partis gouvernementaux louée par le Premier ministre qui aurait permis d’arriver à cet accord si attendu sur le budget.

D’ailleurs, tous les membres du gouvernement étaient présents à cette conférence de presse, signe que le calme est revenu dans les rangs après les polémiques de ces derniers jours. Kris Peeters (CD&V) a lui-même salué le travail accompli par Michel pour mener à bien ces négociations après être sorti des rangs à quelques reprises. Bref, tout le monde semblait s’aimer devant les médias: Michel est allé jusqu’à donner l’accolage à Peeters à la fin de la conférence de presse.

“Pas de hausse de la TVA”

Charles Michel est revenu sur les grandes lignes du budget, pour un effort total de 3 milliards d’euros tout de même. Il l’a annoncé d’emblée: “Pas de hausse de la TVA, des accises, on ne touche pas à l’index ni aux allocations de chômage”. Une bonne nouvelle pour le portefeuille des ménages qui se demandaient à quelle sauce ils allaient être bouffés avec ce budget.

“Pourquoi un tel cinéma jeudi?”

Mais pas sûr que son beau discours ait convaincu l’opposition. Ecolo a rapidement dégainé. “Pourquoi un tel cinéma jeudi si c’est pour revenir à ce qui était connu et qui ne répond pas aux défis qui nous font face?”, a regretté Jean-Marc Nollet. Avant de regretter “de nouvelles économies, de nouvelles factures, ça, c’est décidé; mais en terme de justice sociale, c’est le grand vide qui s’approfondit. Charles Michel relance même la très mauvaise habitude initiée par le gouvernement Di Rupo de réduire l’enveloppe bien-être”.

Des propos qui font écho à ceux de Catherine Fonck et du cdH, qui a publié un communiqué peu de temps avant le discours du Premier ministre. “Le cdH dénonce le manque total de considération et de respect pour des patients, des familles qui ont parfois de grandes difficultés pour pouvoir se payer de quoi se soigner ou soigner leurs enfants, voire même qui doivent parfois reporter des soins pourtant indispensables faute de pouvoir les payer. C’est un total de 1,4 milliard d’euros d’économies qui sont réalisées sur la sécurité sociale : santé et pensions sont les plus impactées!”, accuse le parti notamment.

Le secrétaire général de la FGTB Marc Goblet leur a emboîté le pas et dénonce dans les colonnes du Soir un budget “inacceptable” et “pas équilibré”. “Et une fois de plus, c’est le travailleur qui va payer la note”, regrette-t-il, tout en annonçant des “actions significatives” à venir. “Puisqu’on nous enlève la concertation, nous n’avons pas d’autre alternative que d’organiser la mobilisation”, promet Goblet. “Marc Goblet a des dons de télépathie. Il réagit à un budget qu’il n’a pas encore lu”, a préféré ironiser le Premier devant la presse en réponse au leader syndicaliste.

Oh oui, Charles Michel et le gouvernement ont encore du boulot devant eux…

Il s’est aussi voulu rassurant sur certains points: les économies en soins de santé (près de 900 millions d’euros tout de même) n’affecteront pas les patients, la taxe sur les cartes essences sera prise en charge par l’employeur et non le salarié et les dons de congés seront désormais autorisés, par exemple. Il a également justifié la réforme de la loi de 1996 pour “assurer notre compétitivité” par rapport à nos voisins et qui portera sur le salaire brut, tandis que le salaire net “continuera d’augmenter” selon lui.

Au passage, Charles Michel a assuré que son gouvernement avait réussi à inverser la courbe de la pression fiscale, graphique à l’appui. Il a par contre botté en touche quand il a fallu évoquer l’impôt des sociétés et l’impôt sur les plus-values, au sujet desquels les négociations entre les partis vont continuer dans les jour à venir.

Le Premier a conclu son discours par un message gonflé d’optimisme: “Cette équipe engrange de bons résultats à court, moyen et long terme”, avant de laisser la parole à différents ministres comme Didier Reynders (MR) ou Kris Peeters (CD&V). Michel a également donné rendez-vous exceptionnellement à la Chambre demain (un dimanche!) pour faire sa déclaration de politique générale, alors que celle-ci est d’habitude prévue le deuxième mardi d’octobre.

“Pourquoi un tel cinéma jeudi?”

Mais pas sûr que son beau discours ait convaincu l’opposition. Ecolo a rapidement dégainé. “Pourquoi un tel cinéma jeudi si c’est pour revenir à ce qui était connu et qui ne répond pas aux défis qui nous font face?”, a regretté Jean-Marc Nollet. Avant de regretter “de nouvelles économies, de nouvelles factures, ça, c’est décidé; mais en terme de justice sociale, c’est le grand vide qui s’approfondit. Charles Michel relance même la très mauvaise habitude initiée par le gouvernement Di Rupo de réduire l’enveloppe bien-être”.

Des propos qui font écho à ceux de Catherine Fonck et du cdH, qui a publié un communiqué peu de temps avant le discours du Premier ministre. “Le cdH dénonce le manque total de considération et de respect pour des patients, des familles qui ont parfois de grandes difficultés pour pouvoir se payer de quoi se soigner ou soigner leurs enfants, voire même qui doivent parfois reporter des soins pourtant indispensables faute de pouvoir les payer. C’est un total de 1,4 milliard d’euros d’économies qui sont réalisées sur la sécurité sociale : santé et pensions sont les plus impactées!”, accuse le parti notamment.

Le secrétaire général de la FGTB Marc Goblet leur a emboîté le pas et dénonce dans les colonnes du Soir un budget “inacceptable” et “pas équilibré”. “Et une fois de plus, c’est le travailleur qui va payer la note”, regrette-t-il, tout en annonçant des “actions significatives” à venir. “Puisqu’on nous enlève la concertation, nous n’avons pas d’autre alternative que d’organiser la mobilisation”, promet Goblet. “Marc Goblet a des dons de télépathie. Il réagit à un budget qu’il n’a pas encore lu”, a préféré ironiser le Premier devant la presse en réponse au leader syndicaliste.

Oh oui, Charles Michel et le gouvernement ont encore du boulot devant eux…

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