Le député anti-Islam Geert Wilders est largement reconnu coupable d’incitation à la haine mais ne reçoit aucune peine de prison

Le député anti-Islam Geert Wilders est largement reconnu coupable d’incitation à la haine mais ne reçoit aucune peine de prison

Après des semaines de procès, c’est ainsi que s’achève l’affaire du « Moins! Moins! Moins! » dans lequel baignait le député néerlandais Geert Wilders. Le leader du PVV (le Parti pour la liberté) est reconnu coupable par le tribunal de discriminations envers la communauté marocaine. Mais il est acquitté de toute peine, sauf une amende.

Selon le jugement rendu, la liberté d’expression est le fondement de la société et prévaut. Mais le président du tribunal a tout de même dit que le député néerlandais Geert Wilders avait franchi les limites: « Un homme politique démocratiquement élu ne dépasse pas la loi ». Pour lui, ses propos s’adressaient à la communauté musulmane toute entière et pas juste à « un groupe de personnes », comme Wilders s’en défendait. Le leader du PVV (le parti néerlandais de la droite radicale) a donc « mis hors jeu toute une nation » mais il n’a reçu aucune peine lourde. Parce que ces mots ont suffi à le punir, selon le juge.

Alors qu’il risquait jusqu’à deux ans de prison et plus de 20.000 euros d’amende, le parquet néerlandais (l’Openbare Ministerie) n’a requis que 5.000 euros d’amende à son encontre. Il a estimé qu’il y avait « pire » comme affaire. En mars 2014, il avait tenu un speech juste après les élections municipales à La Haye. Il avait posé trois questions à ses électeurs, dont celle qui l’a conduit tout droit au tribunal: « Voulez-vous moins ou plus de Marocains aux Pays-Bas? ». La foule avait hurlé « Moins! Moins! Moins » et il avait répondu « nous allons y remédier ».

Du coup, le ministère public avait décidé d’ouvrir le procès après avoir enregistré plus de 6.400 plaintes contre Wilders. Depuis plus de deux ans, il était poursuivi pour diffamation, incitation à la discrimination et à la haine. Mais la décision finale a été rendue « quel que soit l’effet néfaste de l’insulte, la peur, la haine et la division », a déclaré le procureur Wouter Bos.

Il n’était même pas là pour le verdict final

Geert Wilders n’était pas présent au verdict final de son procès, et son avocat non plus. Il était d’ailleurs absent à toutes les réunions, sauf celle d’il y a deux semaines. Il y avait prononcé un dernier discours dans lequel il expliquait qu’il « continuerait, en tant que politicien, de souligner les problèmes aux Pays-Bas ». Il avait expliqué: « La liberté dont je dispose encore, je dois l’utiliser pour protéger notre pays contre l’Islam, le terrorisme, les réfugiés venant des pays islamiques et, oui, aussi contre le méga problème marocain qu’il y a aux Pays-Bas ». Et il avait ajouté qu’il n’était pas le seul à penser comme cela: « Si vous me jugez, vous jugez la moitié des Pays-Bas ».

Dès le début du procès, Wilders avait annoncé qu’il ferait appel de la décision en cas de condamnation et que « rien ne l’arrêterait ». Il avait précisé: « quel que soit le verdict, l’acquittement ou la condamnation, rien ne changera […] je continuerai à dire la vérité sur ce problème marocain. Aucun juge, homme politique ou terroriste ne m’arrêtera ».

Mais finalement, il n’aura pas besoin d’aller en appel.

Voici son discours le soir des élections de mars 2014:

« Moins ou plus de Marocains? Moins! Moins! Moins! »

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