Le coup politique que les francophones n’ont pas vu venir: la Flandre va connaitre un nouveau dimanche noir

Le coup politique que les francophones n’ont pas vu venir: la Flandre va connaitre un nouveau dimanche noir

Le Vlaams Belang a de grandes ambitions pour ce scrutin et espère enfin briser le cordon sanitaire. Le parti d’extrême droite est crédité du 3e score dans le nord du pays après une série d’élections difficiles. Il doit son retour à une nouvelle génération de politiques menée par son président Tom Van Grieken.

Personne ne pourra dire au soir du 26 mai qu’il n’aura pas été prévenu: l’extrême droite est de retour en Flandre. Pas comme en 1991, moment choisi par le Vlaams Blok pour effectuer une percée tant au niveau régional que fédéral et influencer la politique de notre pays, en surprenant tout le monde.

Aujourd’hui, son héritier, le Vlaams Belang est crédité d’un score autour des 15% selon le dernier baromètre. Soit le 3e parti de Flandre derrière l’intouchable N-VA, même si le parti de Bart De Wever est en légère perte de vitesse.

Déclaré mort, mais pas enterré

Le parti d’extrême droite revient de loin, comme on a pu s’en rendre compte lors d’un meeting de campagne à Anvers le week-end dernier: « Nous avons traversé le désert, parfois en portant les chameaux sur nos dos. Ils nous ont déclaré morts, mais l’élite politique ne nous aura pas anéanti. Le Vlaams Belang est encore là, plus fort, plus grand, plus motivé que jamais », déclarait un Tom Van Grieken enthousiaste.

Un bon score qui leur donne l’espoir de briser le cordon sanitaire. Ce fameux accord implicite entre les partis traditionnels qui refusent de s’allier avec l’extrême droite et qui a maintenu le VB en dehors du pouvoir. « Si c’est possible au Danemark, en Autriche et en Italie, c’est aussi possible ici », lance régulièrement Pillip Dewinter, l’ancien président tout puissant. Par le passé, le VB n’a toutefois jamais vraiment voulu jeter des ponts avec les autres partis, pas même avec la N-VA.

La tactique est en train de changer, comme on a pu l’entendre ce lundi matin encore sur les ondes de Radio 1. Tom Van Grieken a tenté une ouverture alors qu’il débattait avec Theo Francken: « Si nous devenions le deuxième parti le 26 mai, je serais prêt à tendre la main. » Theo Francken a fermé la porte, une nouvelle fois, assez fermement. L’ancien secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration reproche au VB ses liens avec des leaders comme Le Pen, Salvini ou encore Poutine.

La lutte entre les deux partis s’établit aussi au niveau social. Le VB attaque la N-VA à sa gauche sur le volet socio-économique. « Nous rejetons le modèle anti-social de la N-VA, un modèle d’ouverture des frontières » a plaidé Van Grieken. Rappelons que les deux partis, largement séparatistes, représentent près de la moitié des intentions de vote en Flandre.

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La nouvelle génération

Ce que les observateurs n’ont pas vu venir par contre, et particulièrement du côté francophone, c’est la nouvelle génération qui écrit désormais la ligne du parti. Après un score historique en 2004 qui a vu le parti culminer autour des 20%, le VB n’a cessé de perdre du terrain, atteignant à peine le seuil électoral en 2014, jusqu’à aujourd’hui.

Une nouvelle génération menée par Tom Van Grieken a pris le pouvoir au duo Filip Dewinter-Gerolf Annemans. Van Grieken, jeune, poli, a tout reconstruit avec une toute petite équipe. Le parti a changé de stratégie, s’est développé considérablement sur les réseaux sociaux, et est revenu dans le jeu. L’arrivée du jeune Dries Van Langenhove, leader du groupe étudiant d’extrême droite Schild & Vrienden, est également une nouvelle preuve de la dynamique actuelle du VB. Intraitable, ce jeune militant a un style très direct mais aussi plus agressif que son président. Le duo apporte un vent de fraîcheur certain au sein du parti.

Ils peuvent emmener le VB vers un nouveau triomphe. Mais le tout est de savoir ce qu’ils vont faire de leur résultat: se garer dans l’opposition ou s’inviter dans une coalition. Pour l’heure, la 2e proposition semble hautement improbable. Mais le VB pourrait compter jusqu’à 10 sièges à la Chambre, ce qui serait déjà une sacrée victoire.

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