Left Right
scrollTop top

Le Blue Whale Challenge a aussi débarqué en Belgique: voici comment tout comprendre à ce phénomène morbide


Le Blue Whale Challenge a aussi débarqué en Belgique: voici comment tout comprendre à ce phénomène morbide

Depuis quelques semaines, le « Blue Whale Challenge » est partout sur Internet. Il s’agit d’un jeu morbide qui vient de Russie et qui consiste à faire passer une série de défis à des ados. Une liste de cinquante défis précisément qui va de la scarification au suicide, l’ultime étape. On a essayé d’en savoir un peu plus sur ce phénomène en Belgique, alors qu’en France, la prévention est déjà en cours.

Le Blue Whale Challenge ou « Le défi de la Baleine Bleue«  nous vient de Russie. Si Facebook a pris ce phénomène plutôt flippant au sérieux, en bloquant les comptes concernés et en supprimant les photos, ça n’a pas été le cas de VKontakte, son pendant russe. En tout cas dans un premier temps.

Ainsi, VKontakte, contacté par Le Monde, a récemment « bloqué sans droit d’appel » les communautés concernées. Il ne reste plus que de rares tuteurs qui assurent « être là » pour ceux qui « ont suffisamment de couilles pour jouer »… Des comptes qui devraient rapidement être bloqués eux aussi, précise encore VKontakte.

Sur Youtube également, si les vidéos à caractère choquant sont rapidement supprimées, on peut quand même se rendre compte de l’ampleur du phénomène, avec des vidéos dépassant les centaines de milliers de vues.

Tuteur, défis, ados? De quoi s’agit-il concrètement? Le Blue Whale Challenge rassemble 50 défis: ça démarre soft avec « Écris sur ta main » ou « Dessine une baleine sur une feuille » puis ça devient pire, et il faut se scarifier, regarder des vidéos prônant le suicide, jusqu’à l’ultime étape: le suicide de l’adolescent, enfermé dans un jeu de manipulation. Le public cible, âgé de 12 à 16 ans, doit en effet se trouver un tuteur, un parrain.

En France, le phénomène explose

La France semble être fortement touchée par le phénomène: de nombreux cas sont rapportés à la police là-bas, si bien que la prévention de ce genre de défis est maintenant fort répandue sur la Toile.

L’association de prévention e-Enfance a en effet reçu « plus d’une centaine d’alertes » liées à ce jeu morbide. Elle a donc décidé de communiquer dessus et de lancer une campagne de prévention.

Et en Belgique?

On a voulu en savoir un peu plus concernant notre territoire. On a donc contacté la Computer Crime Unit qui nous a parlé de « trois procédures » au Parquet de Mons. Son porte-parole nous a confirmé l’information: « Nous avons eu divers cas, pas fréquents. Mais oui je le confirme pour différentes zones de police ».

Il ajoute: « Ce sont souvent les proches des mineurs qui ont déposé plainte. On essaye de voir maintenant si les provocations/invitations et les dossiers sont liés. » L’enquête est donc en cours, notamment par la saisie d’ordinateurs. C’est par ce biais que la police essaye d’identifier les fauteurs de trouble. Mais viennent-ils de Belgique? « Nous n’en savons pour l’instant rien ».

Du côté de la Computer Crime Unit, on hésite encore à communiquer: « Le but est de ne pas attirer l’attention sur un phénomène peut-être encore inconnu des jeunes ». Mais pourquoi les ados se prêtent-ils à un jeu pareil? « Les jeunes cherchent à se mettre en valeur et à montrer qu’ils sont plus forts que (un tel) ». Mais il faut prendre le phénomène au sérieux: « Le risque est très grand d’en arriver à des situations problématiques. Il faudra insister sur le dialogue comme l’ont fait les autorités françaises. »

Du côté de Child Focus, la fondation va tenir une réunion demain matin pour se pencher sur le phénomène avec la Computer Crime Unit. Ils décideront ensuite comment ils communiqueront.

VKontakte

On a testé

Nous avons décidé de créer un compte sur VKontakte (« Justine Hallant ») pour voir où en était le phénomène. Et depuis que ce « jeu » a été rendu public dans les médias, les demandes affluent sur VKontakte. La réflexion de la Computer Crime Unit n’est donc pas infondée. Même s’il est difficile de savoir si ce sont justes des curieux, des journalistes ou de vrais ados.

Les tuteurs se cachent bien en tout cas et les hashtag de type #f57, #f58, #wakemeupat420 (utilisés par les communautés) sont désormais obsolètes (de même sur Twitter). On peut encore voir l’un ou l’autre compte avec des images de bras mutilés, ou bien des vidéos qu’on ne peut décrire que comme stupides. Mais elles sont vouées à disparaître.

Quelques heures après notre demande de participation au jeu, nous avons reçu une réponse étrange: #imwhale. Difficile encore de savoir si c’est un plaisantin, mais une chose est sûre: VKontakte va avoir du boulot dans les prochains jours.

Pendant que certains internautes ont déjà trouvé la parade…


Ces articles pourraient aussi vous intéresser…