La première mairesse d’Amsterdam veut supprimer le quartier rouge: 4 scénarios

(Photo by Horacio Villalobos - Corbis/Corbis via Getty Images)

Femke Halsema (GroenLinks), la première femme maire d’Amsterdam, veut mettre fin au tourisme sexuel tel qu’il existe aujourd’hui dans le quartier rouge. Halsema parle d’un “monstre à plusieurs têtes dans la ville” et présente quatre pistes, la plus radicale étant la fermeture de toures les maisons closes.

Le collège des bourgmestres et des échevins d’Amsterdam est une coalition des partis de gauche GroenLinks, D66, PvdA et SP. Halsema a élaboré quatre scénarios pour éradiquer la prostitution dans la ville. Dans tous les cas, il est envisagé de fermer les allées ou les rues avec des portes battantes.

  • Dans le premier cas, les rideaux derrière lesquels se tiennent les prostituées doivent être fermés et les travailleuses du sexe ne doivent plus être visibles depuis la rue.
  • Une deuxième option est d’avoir moins de vitrines dans le centre-ville et plus de lieux de travail dans les zones les plus reculées d’Amsterdam.
  • Le troisième scénario consiste à déplacer tous les bordels avec fenêtre sur rue du Red Light District vers d’autres endroits de la ville.
  • La dernière option est de placer plus de maisons closes dans la ville afin de réduire la foule devant les fenêtres. C’est ce que rapporte le l’émission Nieuwsuur.

Halsema fixe également “trois conditions” pour continuer à tolérer la prostitution dans la ville : “De meilleurs droits humains pour les travailleuses et travailleurs sexuels, moins de criminalité et moins de nuisances. Je n’ai pas l’intention de chasser la prostitution de la ville, je suis trop pragmatique pour ça.”

Réception critique

Foxxy Angel, l’association des professionnel(le)s du sexe, réagit de manière critique aux plans de Halsema : “Avec ce genre de plans, on fait disparaître les professionnel(le)s du sexe de la vue de tous. Comment les touristes pourraient-ils connaître les règles si elles ne sont pas adressées?”

Le conseil de quartier n’a pas non plus besoin d’être informé des plans et plaide en faveur d’une application plus stricte.

Concentration trop élevée

Les coalitions précédentes avaient pour politique de fermer de plus en plus de maisons closes. En conséquence, il y a eu une concentration dense autour des fenêtres restantes, ce qui a conduit à des foules de plus en plus nombreuses chaque soir. “Cette zone est plus petite et donc plus fréquentée “, explique Halsema. “Si la réduction de la prostitution illégale signifie que nous devons nous occuper d’un plus grand nombre de lieux autorisés, au moyen de plus de vitrines ou d’un hôtel de prostitution, alors nous sommes partants.”

Aucun motif politique

La position du parti GroenLinks Amsterdam est de maintenir le travail du sexe avec le plus de soutien possible de la ville : “Le travail du sexe est traité comme une profession légitime dans le respect des travailleurs du sexe. L’exploitation et les abus sont combattus autant que possible.”

Cependant, la mairesse d’Amsterdam nie qu’il y ait un motif politique derrière ses plans : “Je ne parle pas au nom de GroenLinks mais en tant que mairesse d’Amsterdam. S’il existe un trafic d’êtres humains, tous les Néerlandais doivent s’en inquiéter. Le débat est souvent mené d’une manière moraliste, et j’espère que les gens commenceront à chercher des solutions pratiques.”

Eclaireurs et réunions publiques

La municipalité enverra un éclaireur au Quartier Rouge: “Beaucoup de travailleurs du sexe ne parlent pas. Presque toutes les femmes du Red Light District sont étrangères et on les entend à peine.”

En outre, Halsema organisera un certain nombre de réunions publiques : “Les gens auront leur mot à dire, puis le conseil (municipal, éd.) pourra s’exprimer et ensuite nous prendrons une décision”.

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