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La Chine voudrait construire un vaisseau d’un kilomètre de long: est-ce vraiment possible?


© 2001 l’Odyssée de l’espace – Crédit : Metro Goldwyn Mayer

La Fondation nationale des sciences naturelles de Chine (NNSFC) souhaite que les scientifiques du pays étudient la possibilité de créer des vaisseaux spatiaux de grande envergure. Il est notamment question d’un appareil qui puisse mesurer jusqu’à 1 kilomètre de long. Un projet qui peut paraitre loufoque, mais finalement, l’est-il vraiment ?

La demande de la NNSFC a en effet de quoi faire sourire, surtout quand on sait que l’actuel plus grand objet artificiel placé en orbite terrestre ne mesure que sur 110 mètres de long, 74 mètres de large et 30 mètres de haut. Il s’agit de l’ISS, la Station spatiale internationale. On est loin des vaisseaux spatiaux de plusieurs kilomètres de long vus dans certains films de science-fiction, mais ces derniers pourraient finalement devenir – en partie – réalité. C’est en tout cas le souhait de la Chine.

L’Empire du Milieu cherche en effet à mettre au point des appareils de très grandes dimensions pour « l’exploration des mystères de l’univers et la vie à long terme en orbite ». Un projet qui n’en est encore qu’à ses prémisses. Pour l’instant, la NNSFC demande « simplement » aux scientifiques de faire des recherches pour savoir si le projet est réalisable et de mettre au point de nouvelles méthodes de conception légères, ainsi que de nouvelles techniques d’assemblage pour y parvenir. La Fondation choisira alors la meilleure proposition et financera l’étude de faisabilité durant 5 ans, à hauteur de 15 millions de yuans – environ 2 millions d’euros.

Un projet pas totalement loufoque

Pour Mason Peck, ancien technologue en chef de la NASA et actuel professeur d’ingénierie aérospatiale à l’Université Cornell, l’objectif de la Chine n’est pas totalement fou. Selon lui, le projet repose plutôt sur une question d’ingénierie plutôt que sur les sciences fondamentales.

« Je pense que c’est tout à fait faisable », a-t-il indiqué à Live Science. « Je décrirais les problèmes ici non pas comme des obstacles insurmontables, mais plutôt comme des problèmes d’échelle ». Le projet a donc des chances de se concrétiser. Encore faut-il trouver le financement.

Le coût serait de loin le plus gros défi, estime Mason Peck. À titre de comparaison, la construction de l’ISS n’a coûté « que » 100 milliards de dollars à construire, alors qu’elle ne mesure « que » le dixième du vaisseau spatial visé par la NNSFC. On peut donc logiquement imaginer que le coût de la construction d’un engin spatial 10 fois plus imposant sera astronomiquement plus cher. On notera également que le maintien et l’entretien de l’infrastructure représenteront une dépense conséquente. Un budget annuel d’environ 4 milliards de dollars est octroyé pour les opérations et l’entretien général de l’ISS.

Le budget pourrait cependant être limité. Tout dépend de la nature de l’appareil, de même que des infrastructures internes. De plus, comme l’a souligné Peck à Live Science, si l’engin est simplement long, mais pas lourd, alors son coût pourrait être contenu – il restera cependant plutôt conséquent.

La Chine pourrait également faire des économies en envoyant les différentes pièces de l’appareil dans l’espace et en les assemblant là-haut, tels des LEGO. Cela sera également plus « facile » de l’envoyer dans l’espace de cette manière. Mason Peck évoque également la possibilité d’exploiter les matières premières qui se trouvent sur la Lune et de profiter de sa faible gravité pour envoyer le vaisseau spatial dans l’espace plus facilement. Une possibilité qui nécessite cependant qu’une infrastructure de lancement soit installée sur la Lune. Sur le court terme, ce n’est pas envisageable.

Des problèmes proportionnels

Lorsqu’un vaisseau spatial réalise une manœuvre dans l’espace, celui-ci encaisse un grand nombre de vibrations qui peut l’endommager. Pour pallier cela, les ingénieurs devront intégrer un nombre important d’amortisseurs ou mettre au point une nouvelle solution. Ils devront également prendre en compte le volume de carburant nécessaire aux manœuvres de l’appareil pour se déplacer, mais aussi pour contrer l’atmosphère en orbite terrestre et rester sur place. Il faudra d’ailleurs qu’ils réfléchissent à quelle distance l’appareil sera stationné. Plus il sera éloigné, plus cela coûtera cher en argent, mais aussi en carburant.

Réalisable ou non ?

Bien que la construction d’un tel engin soit théoriquement envisageable, dans la pratique, cela parait peu probable. Les ressources et les investissements nécessaires à la réalisation d’un tel projet semblent en effet dépasser l’entendement.

Le petit budget alloué à cette recherche – 2 millions d’euros seulement – suggère d’ailleurs que la Chine ne cherche pas vraiment – ou pas encore ? – à développer un vaisseau spatial d’une telle ampleur. On peut cependant imaginer que le projet est un prétexte pour la NNSFC de pousser les chercheurs à imaginer de nouvelles technologies et méthodes de conception pour améliorer le secteur de l’aéronautique chinois. Au final, un vaisseau spatial aux dimensions plus modestes – mais tout de même impressionnantes – pourrait voir le jour à un moment donné. Seul l’avenir nous le dira.

On notera cependant que la construction d’un engin aussi démesuré pourrait amener les autres grandes nations à en faire de même par peur d’une potentielle menace chinoise venue de l’espace.

Enfin, les résultats de ces recherches pourraient tout de même être utiles à d’autres projets et installations spatiaux, notamment pour un télescope spatial de très grandes dimensions. On notera que la Chine multiplie les projets et les recherches pour renforcer sa présence dans l’espace. Le pays prévoit en effet de construire une énorme structure de panneaux solaires en orbite terrestre et de renvoyer l’énergie vers la Terre.

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